PARITÉ MONÉTAIRE - L’ariary gagne des points face aux devises principales

Le cours des devises étrangères ne cesse de baisser depuis quelques jours, et l’ariary reprend son souffle. Au bouclage de la dernière opération d’hier, l’euro s’affichait à 4 867ariary et le dollar à 4 548 s’ils frôlaient les 5 000 ariary en janvier. L’économiste spécialiste en finances, Fidèle Randriamananjara explique la stabilité de deux façons. « Soit les devises rapatriées et déclarées issues d’exportations des entreprises locales augmentent, soit les importations ont baissé graduellement, soit les deux cas ». Il avance un troisième scénario, celui de la  non-déclaration momentanée des banques et des entreprises, associée à une baisse des importations. « Dans ce cas, le stock reste inchangé, tout comme la demande, ainsi le prix se stabilise ».

Il faut souligner que lorsque le prix des devises étrangères augmente, la situation est bénéfique pour les banques commerciales, ce qui leur permet de gagner plus de profit, et la situation les incite à déclarer plus de devises et influe positivement sur le stock. Il s’agit d’un jeu de flux, le délai légal de déclaration des devises rapatriées est fixé par la loi à 30 jours, avec une exception de 90 jours pour les entreprises franches. « Certains banques et opérateurs économiques, tenus par la recherche de profit peuvent garder les devises à leur disposition en attendant que leur prix augmente, pour espérer gagner plus. Donc, généralement, lorsque le cours des devises augmente, ces derniers vont en injecter davantage, ce qui au final aboutira à une stabilité de l’ariary » ajoute l’économiste Fidèle Randriamananjara. Période de tirages Ce n’est pas tout, une fois que le cours de l’ariary se stabilise, un troisième acteur intervient, les opérateurs de change. 

Ces derniers vont augmenter leur achat de devises, incités par le prix relativement inférieur, ce qui pourrait à nouveau entrainer une hausse des prix des devises. Une autre explication vient du côté du secteur public,« nous sommes actuellement en période de tirages des prêts et des dons, qui se produisent habituellement autour des 15 du mois de chaque mois du premier trimestre de l’année, pour le décaissement du premier semestre ». De plus, lorsque les périodes de grâce interviennent, c’est-à-dire lorsque le paiement du principal de la dette est échelonné et que seuls les intérêts sont payés, la situation permet à l’État de garder des devises supérieures que prévues et expliquer une stabilité de l’ariary, plus demandé donc par rapport aux devises étrangères.

Maminirainy

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