REBOISEMENT - Mobilisation générale pour reverdir Madagascar

Le couple présidentiel se place en locomotive du challenge pour le reforestation du pays
Le couple présidentiel a donné le coup d’envoi de la saison de reboisement, hier, à Tanamasoandro - Imerintsiatosika. Dans son allocution, le chef de l’État a appelé à une mobilisation générale pour reverdir la Grande île.

Restaurer une page de l’histoire. C’est la finalité escomptée par le programme de reboisement national. Il s’agit de briser l’image d’une île rouge et de revenir à la réputation d’île verte. Un challenge inscrit dans la Politique générale de l’État (PGE), depuis 2019. Pour y arriver, Andry Rajoelina, président de la République, sonne la mobilisation générale pour s’engager dans la reforestation du pays.

“J’encourage tous les Malgaches, chaque habitant, chaque ministère, chaque organisation ou association, chaque acteur et entité politique, chaque instance administrative, chaque responsable public ou privé, chaque partenaire, les élèves et étudiants, les entreprises à prendre part à la reforestation du pays. Le pays compte environ vingt-huit millions d’habitants, si chaque individu plante un arbre, le territoire sera à nouveau recouvert de forêt”, lance alors le chef de l’État.

Cette ambition de reverdir Madagascar a été réaffirmée, hier, sur le site du projet Tanamasoandro, à Imerintsiatosika. Ceci, durant l’ouverture officielle de la saison de reboisement. Comme chaque année, depuis cinq ans, le couple présidentiel est en frontline pour impulser une dynamique nationale à la reforestation du pays. Revenir à une île verte est un challenge ambitieux, mais réalisable à entendre les discours d’hier. 

Le défi de revenir à un Madagascar vert est pleinement assumé. L’objectif de la saison de reboisement 2024, est de planter “trois cent millions d’arbres sur 75 000 hectares dans tout le pays”. Comme le souligne Max Andonirina Fontaine, ministre de l’Environnement et du développement durable, cependant, il faut que chaque habitant y mette du sien. “Chacun de nous a une part de responsabilité dans la reforestation du pays. C’est dans cet état d’esprit que nous pourrons rétablir le statut d’île verte de Madagascar”, déclare le membre du gouvernement.

“Je suis confiant que nous atteindrons l’objectif de reverdir Madagascar. Nous rétablir notre statut d’île verte, d’un pays où il fait bon et envie de vivre. Aussi, je vous remercie de votre présence. Nous qui sommes ici aujourd’hui, donnons l’exemple à la population”, renchérit le président de la République. L’engouement et la performance de la première journée de la saison de reboisement motivent effectivement l’optimisme. Rien que sur le site de Tanamasoandro, dix-huit mille jeunes plants d’arbres ont été mis en terre, sur 20 hectares. 

Suivi et entretien

Cet enthousiasme à participer au reboisement a été constaté dans plusieurs régions du pays. Pour la première journée d’hier, le but fixé au niveau national a été de planter sept cent mille arbustes. Afin de réussir le défi de planter trois cent millions d’arbres, cette saison, le ministère de l’Environnement maintient la politique de distribution gratuite d’arbustes à toute personne ou entité désireuse d’en planter. Qu’il s’agisse d’en planter des milliers, ou juste un seul arbuste. 

À cet effet, des pépinières géantes sont à la disposition du public dans toutes les régions. La condition est juste de disposer d’une parcelle de terrain pour le faire et d’en indiquer la localisation précise au ministère pour pouvoir effectuer un suivi de l’évolution de l’arbre. Il est également possible de choisir le type d’arbre à planter. Pour le site de Tanamasoandro, par exemple, les arbres d’embellissement ont été privilégiés. Ceci, étant donné que les arbustes mis en terre, hier, devront auréoler “le fleuve vert”, qui sillonnera la nouvelle ville. 

Des mantalys, des érables, des flamboyants géants, des jacarandas et des frênes vont ainsi embellir Tanamasoandro. Toujours dans cet objectif de reverdir Madagascar, une diversification des techniques de reboisement sera aussi appliquée. Il y a le largage de capsules de graines par drône. Une technique éprouvée pour une reforestation à grande échelle et jusque dans les zones enclavées. Les arbres à croissance rapide et robustes seront ainsi privilégiés.

La technique du “reboisement industriel” devrait également être mise à contribution. Il est question ici de planter des arbres à vocation utilitaire, comme pour l’artisanat, la construction, le bois de chauffe. Cela préservera le système forestier proprement dit, des exploitations humaines. Comme le souligne le ministre de l’Environnement, cependant, “le but n’est pas de planter des arbres, mais de planter des arbres viables et qui vont pousser”. 

À court terme, le challenge est donc de faire mieux que le résultat de l’année dernière, où 75% des jeunes plants mis en terre sont viables et grandissent à l’abri du feu ou d’autres pressions humaines. Aussi, le système de suivi, d’entretien et de surveillance des arbustes plantés est-il renforcé depuis l’année dernière. Ici encore, la responsabilité et la contribution citoyenne, surtout, de ceux qui ont mis en terre les plants d’arbres, sont également fortement encouragées. 

Garry Fabrice Ranaivoson

1 Commentaires

  1. En tous cas le constat de WWF est édifiant : ce pays ne fait pas suffisamment contre la déforestation . La lutte contre les feux de brousse piétine car il n'y a pas de volonté politique réelle pour combattre ce fléau . Inutile de pavoiser devant les caméras et pervertir la réalité désespérante avec de belles photos car c'est une communication malsaine . Rainilainga ferait mieux de recadrer l'autre arriviste avec son enthousiasme " dépucelé " pour sa nomination au ministère concerné car on retiendra bien ce pari de 4 millions d'hectares de restauration de forêts d'ici 2030 !

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