Tristesse alimentaire

Tous les pays célèbrent la journée mondiale de l’alimentation le 16 octobre. Cette année, elle a été placée sous le thème « Innover aujourd’hui pour nourrir demain». C’est tout un programme. Beaucoup de pays n’ont pas les moyens d’atteindre cet objectif. À preuve, à l’image de Madagascar, on n’a pas pu atteindre les dix-sept Objectifs du Développement Durable en particulier la lutte contre la pauvreté et la faim. Fixés dans un premier temps à 2016, Ils ont été reculés à 2030. Mais à quatre ans de l’échéance, aucune avancée notable n’a été constatée dans ces deux domaines. La santé et l’éducation accusent également beaucoup de retard.

Pire, la pauvreté et la faim n’ont cessé d’empirer d’une année à l’autre, d’un régime à l’autre. On n’en veut pour preuve que la chute libre du PIB. De 812 dollars en 1960, il est retombé à 656 dollars en 2026. 

Les différentes thérapies préconisées par les bailleurs de fonds depuis un siècle n’ont jamais eu les résultats escomptés. Elles n’ont fait qu’aggraver la pauvreté avec les différentes mesures antisociales en rognant le pouvoir d’achat de la population.

Les crises politiques récurrentes ont compliqué la situation, étouffant l’économie. 

L’écart social s’est creusé au fil des années au point qu’il ne reste plus que deux classes sociales, en l’occurrence les richissimes et les pauvrissimes. Au milieu c’est le vide.

On rêve d’autosuffisance alimentaire depuis l’époque Ratsiraka dont le slogan était « L’État le plus puissant en l’an 2000 sera celui qui peut nourrir son peuple et qui peut exporter l’excédent ». À l’arrivée, d’un pays producteur et exportateur de riz dans les années 60-70, on est devenu le plus grand importateur de l’océan Indien.

Selon la Banque mondiale, 77 % de la population vivent en dessous du seuil de pauvreté, avec un revenu moyen par habitant et par jour de moins de deux dollars. Dès le départ, la plupart de la population n’ont aucune chance de bénéficier des dividendes de cette journée.

Comment peut-on respecter les recommandations de la journée mondiale de l’alimentation avec un tel revenu ? Manger à sa faim est devenu un luxe alors que parmi les constituants d’une alimentation saine, il faut des glucides, des lipides, des protides, de l’eau, des vitamines, des minéraux et oligoéléments, des fibres alimentaires.

Le malgache ne mange plus de viande, de poisson, de poulet, d’œuf, de légumineuses, de légumes, de fruits, de manière régulière étant donné leur prix exorbitant. Même l’eau fait défaut depuis plusieurs années. Un tableau bien noir où ne figure aucun menu.

Sylvain Ranjalahy 

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