SÉCHERESSE - La faim menace 3,7 millions de personnes

La sécheresse est récurrente dans le Sud.

Madagascar figure parmi les vingt-deux pays les plus exposés à la faim, selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Selon la dernière analyse du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), publiée en juillet, 3,7 millions de personnes devraient être confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, dont 426 000 en situation d’urgence alimentaire.

Pour Eddy Rinah Ramananandro, économiste au Cercle de réflexions des économistes de Madagascar (CREM), l’impact du changement climatique, alourdi par El Niño, aura « incontestablement » des conséquences majeures sur les plans économique et social. Le secteur agricole serait le premier touché. « L’irrégularité et la raréfaction des pluies vont entraîner de mauvaises récoltes, notamment pour les cultures vivrières telles que le riz, le manioc ou le maïs. Pourtant, ce secteur est le pilier de l’économie malgache: il occupe plus de 75 % de la population active et contribue à une part importante du produit intérieur brut (PIB) », souligne-t-il.

Réponse humanitaire

La chaîne des conséquences, telle que l’économiste la décrit, est enchaînée : « La baisse drastique de la production agricole génèrera des déséquilibres macroéconomiques et financiers majeurs. Sur les marchés intérieurs, la rareté des denrées alimentaires va déclencher une hausse des prix, érodant le pouvoir d’achat déjà fragile des ménages malgaches. » Pour combler ce déficit et éviter une catastrophe sanitaire, l’État serait contraint d’accroître ses importations de produits de première nécessité, notamment le riz. « Or, cette augmentation des importations pèse lourdement sur la balance commerciale du pays et épuise les réserves de devises étrangères», ajoute-t-il.

Face à ces urgences, le gouvernement devrait, selon l’économiste, réorienter des ressources initialement destinées aux infrastructures, à la santé et à l’éducation vers la réponse humanitaire et le secours d’urgence, s’il n’anticipe pas des mesures préventives.

Les actions déjà engagées vont dans le sens de l’anticipation. Le Programme alimentaire mondial (PAM) a activé des actions anticipatoires dans les districts du Sud les plus touchés, notamment Bekily, Ambovombe, Beloha, Tsihombe et Antanimora Sud.

Du côté de l’État, des semences et des équipements d’appui à la production seront distribués dans plusieurs régions, auprès des groupements d’agriculteurs, selon le ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire De nombreuses variétés ont déjà été remises, mais l’effort sera renforcé en 2027, explique le secrétaire général du ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire. La construction d’entrepôts de stockage est également prévue, en collaboration avec ce ministère. L’objectif est d’accroître la capacité de production des agriculteurs et de les préparer aux effets du changement climatique.

Donné Raherinjatovo et Miangaly Ralitera 

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