Les hôpitaux publics et privés du chef-lieu de la région Atsimo Andrefana manquent de médecins spécialistes. Les conditions de travail et de rémunération seraient notamment en cause.
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| Des milliers de personnes sont venues aux consultations gratuites. |
Anne-Marie Andrianasolo est venue aux consultations gratuites données par l’ONG « Les Médecins de l’océan Indien » à l’hôpital be de Tanambao, à Toliara, où l’organisation intervient du 7 au 17 octobre. La septuagénaire souhaite consulter un rhumatologue afin de recevoir un traitement adapté à ses douleurs aux genoux et aux pieds.
« Les bénévoles des Médecins de l’océan Indien m’ont orientée vers l’hôpital Manarapenitra à Mitsinjo et m’ont dit que je devrais voir un généraliste parce qu’il n’y a pas de spécialiste en rhumatologie », raconte-t-elle.
Une autre femme, de nationalité étrangère et habitant à Toliara, est venue faire la queue devant la salle où des cardiologues consultent. « Ce n’est pas tellement la gratuité qui m’a fait venir. C’est que je cherche un cardiologue, car il n’y en a pas à Toliara. Il faut aller à Fianarantsoa ou à Antananarivo. Donc, je profite de leur présence », explique-t-elle.
« Quant à moi, je cherche un oncologue car j’ai des problèmes au niveau des seins », explique une autre femme.
La queue dure des heures, bien que les médecins bénévoles reçoivent en moyenne cinquante patients par jour et par spécialité, soit jusqu’à cinq cents consultations par jour. Des spécialistes en ORL, gastro-entérologie, cardiologie, pédiatrie, appareillage et pneumologie, ainsi que des chirurgiens, ont été vus à l’hôpital be de Tanambao depuis le début de la 74e mission d’actions humanitaires médicales de l’ONG à Toliara.
Recours
« Nous n’avons effectivement pas assez de spécialistes. Nous n’avons ni cardiologue, ni rhumatologue, ni spécialiste en appareillage. L’hôpital be de Tanambao travaille actuellement avec un neurologue-urgentiste, des ophtalmologues, des pédiatres, des chirurgiens et des gynécologues », indique une source administrative au sein de l’hôpital be de Tanambao.
« Les spécialistes ne sont pas tellement motivés par les conditions, notamment financières, que peut offrir le ministère de la Santé. Certains travaillent en parallèle dans des cliniques privées à Toliara, mais ils ne sont pas nombreux. Les professeurs préfèrent rejoindre la capitale ou les grands chefs-lieux de région, toujours pour des raisons financières », ajoute la source.
Dans le passé, un neurologue avait investi dans ses propres machines et équipements pour l’hôpital public de Tanambao. Cependant, ses investissements ont eu du mal à être rentabilisés, compte tenu des tarifs parfois imposés par le ministère pour les consultations. Le professeur aurait également ressenti une certaine discrimination lorsqu’il s’est porté candidat au poste de doyen de la faculté de médecine. Il est finalement parti à l’étranger, où il pouvait gagner six à dix fois plus qu’à Madagascar.
Le problème reste le même, même si les patients peuvent se tourner vers les cliniques privées de Toliara. Les mêmes spécialistes exercent souvent dans les hôpitaux publics et les cliniques privées.
« Une des solutions serait de revoir les conditions de travail des spécialistes à Toliara, sur les plans financier et social. Il est également urgent de revoir la qualité des formations, car les relèves se font très rares. Toliara risque de n’être traitée que par des paramédicaux », résume la source..
Mirana Ihariliva
