Le soleil est dans sa phase de l’année où il peut prodiguer une température qui culmine à un seuil dont la perception peut tourmenter le corps humain qui subit une chaleur insupportable. La saison chaude, dont la force attend aussi d’être intensifiée par l’influence torride d’El Niño, régit aussi notre quotidien : frôler, toucher ou même dépasser les trente degrés nous met en mode de recherche d’ombre qui peut atténuer la morsure brûlante sans pour autant l’annihiler. Et ces chaudes journées sont aussi intensifiées par d’autres forces offensives, comme les délestages, qui voient leur puissance décupler. Une situation suffocante qui nécessite aussi une certaine capacité d’adaptation.
C’est dans ces jours où le thermomètre affectionne l’ascension du mercure que ceux qui ont embrassé la philosophie stoïcienne peuvent se tester. Pour rappel, cette école préconisait une force de caractère à même de faire la distinction entre ce qui dépend de nous et ce qui échappe à notre pouvoir. Ce qui se soustrait actuellement à notre contrôle, c’est l’ardeur actuelle des heures qui ont cette fièvre que la nature leur inflige. La posture et l’attitude à adopter pour la vivre restent cependant subordonnées à notre décision : on peut décider de la subir passivement mais on dispose aussi d’une capacité pouvant nous permettre de mieux traverser ce chemin embrasé.
Des peintres, comme Claude Monet, ont trouvé dans les différentes variations de la lumière, issue de ce soleil, un spectacle à immortaliser. Ils ont ainsi su trouver dans ces paysages, illuminés par la chaleur estivale ou printanière, des cadres à contempler avec un certain émerveillement. Un autre angle possible et pouvant être adopté pour mieux affronter la braise ambiante. Ne pouvant contourner les lois naturelles, la nature nous a cependant, jusqu’à preuve du contraire, pourvus de la faculté à agir sur notre perception des choses. Ainsi l’épreuve n’est, semble-t-il, pas insurmontable. Et ce n’est probablement pas Épictète, le philosophe qui a le plus fait pour transmettre la doctrine stoïcienne à la postérité, qui nous contredirait.
Mais comment cependant appliquer ces leçons quand cette chaleur se conjugue à d’autres maux comme certaines pénuries et certains manques ? Peut-on demander aux mineurs du roman Germinal (E. Zola, 1885) de supporter tout simplement la condition infernale des profondeurs de la terre ? On peut apprendre à mieux éprouver les conditions climatiques extrêmes tout en ne renonçant pas à agir sur ce qui dépend de nous: les causes humaines qui ont stimulé le réchauffement climatique.