RÉGION DIANA - Les feux de brousse progressent à une vitesse alarmante

Plusieurs communes rurales d’Antsiranana-II et d’Ambilobe sont touchées par une succession d’incendies. Négligences et pratiques à risque figurent parmi les principales causes.

Vu la situation alarmante, des militaires sont mobilisés pour éteindre les feux.

Les feux de brousse gagnent actuellement du terrain dans les districts d’Antsiranana-II et d’Ambilobe. De l’ouest au moyen-ouest, en passant par le sud et le nord, plusieurs communes rurales sont touchées par ce phénomène, qui provoque d’importantes dégradations de l’environnement et des dégâts matériels.

Dans ces deux districts, des incendies ravageurs se déclarent chaque semaine. Des centaines, voire des milliers d’hectares de végétation partent chaque année en fumée. Ces incendies dégradent les sols et contribuent à la disparition de la faune et de la flore.

Cette année, la recrudescence des feux de brousse rend la situation particulièrement alarmante. Les forêts, y compris celles des parcs naturels, les savanes et les espèces sauvages qui les peuplent sont particulièrement menacées.

Selon les constats effectués sur le terrain, le district d’Antsiranana-II est régulièrement confronté aux feux de brousse. Cette année encore, le mois de septembre est marqué par un pic d’incendies, avec une succession de feux enregistrés en l’espace de deux semaines dans plusieurs communes rurales.

« Nous sommes effectivement dans une période de pic. Chaque semaine, des feux de brousse sont signalés », indique le directeur régional de l’Environnement et du Développement durable (DREDD), Irina Mohajy. Le phénomène, initialement observé dans certaines zones du district d’Antsiranana-II, s’est progressivement étendu jusqu’à Ambohipiraka, dans le district d’Ambilobe.

Face à cette multiplication des foyers, l’Organe mixte de conception (OMC) s’est réuni afin d’examiner les mesures et les stratégies à mettre en œuvre pour mieux prévenir et combattre les incendies, avant qu’ils ne causent davantage de dégâts.

Des origines multiples

Les causes identifiées sont diverses et, dans plusieurs cas, relèvent davantage de la négligence ou d’accidents que d’une volonté délibérée d’incendier les espaces naturels.

À Ambilobe, par exemple, un feu serait parti d’un foyer laissé sans surveillance par de jeunes gardiens de bétail, appelés localement « Tsimanaja », qui faisaient griller des noix de cajou, ou « mahabibo », pour leur repas. En quittant les lieux, ils auraient laissé des braises encore actives, qui auraient ensuite embrasé la végétation sèche.

À Andranotsimaty, un autre incendie aurait débuté à la suite de projections de braises provenant d’un foyer utilisé pour préparer un repas dans une cour. Emportées par le vent, ces braises auraient atteint des herbes sèches et provoqué le départ du feu.

Plus récemment, un incendie dans la commune rurale de Sakaramy a illustré les conséquences potentiellement lourdes de certaines pratiques liées à la production de charbon de bois. Le feu a touché des habitations et plus d’une quarantaine de commerces, avant de s’étendre à un millier d’hectares de forêt et de savane.

D’autres feux seraient liés au nettoyage des parcelles agricoles par brûlage. Certains agriculteurs procèdent à ces opérations durant la nuit. Or, sous l’effet des rafales des alizés, les étincelles et les braises peuvent être transportées vers les zones voisines et embraser rapidement des herbes sèches, rendant le feu difficile à maîtriser.

Dans certaines pratiques traditionnelles d’élevage, le brûlage des pâturages est également utilisé pour tenter de lutter contre les parasites qui affectent le bétail. Lorsque le feu échappe au contrôle de ceux qui l’ont allumé, cette pratique peut toutefois devenir une véritable menace pour les espaces naturels et les habitations.

Selon les explications recueillies auprès des responsables environnementaux, les feux de brousse observés dans les deux districts ne seraient donc pas systématiquement intentionnels. La négligence, certaines pratiques agricoles et pastorales, ainsi que le non-respect des précautions élémentaires figurent parmi les facteurs avancés.

À ces causes s’ajoutent les comportements de personnes de passage, plus difficiles à contrôler. Des mégots de cigarettes jetés au sol sans précaution peuvent, lorsque les conditions s’y prêtent, provoquer un départ de feu.

La multiplication des incendies en septembre souligne ainsi la nécessité d’une vigilance accrue, d’une sensibilisation des populations et d’un contrôle plus rigoureux des pratiques à risque.

Raheriniaina

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