ÉVASION - Le directeur de la prison d’Avaradrano suspendu

Onze détenus chinois ont disparu de la prison d’Avaradrano. Le directeur est suspendu et les responsabilités restent à établir.

C’est à la suite d’une inspection surprise à la prison d’Avaradrano que l’absence de ces onze Chinois a été constatée.

Le directeur de la prison d’Avaradrano a été suspendu de ses fonctions après qu’une inspection inopinée ait révélé l’absence de onze détenus chinois condamnés par la justice malgache. Plusieurs responsables font l’objet de sanctions administratives et une enquête a été ouverte. Le Syndicat des agents pénitentiaires conteste toutefois la responsabilité imputée au personnel de l’établissement et met en cause la ministre de la Justice, Fanirisoa Ernaivo. Ses accusations de corruption restent à vérifier.

Onze détenus chinois manquent à l’appel à la prison d’Avaradrano, où ils devaient purger leur peine. Alors que l’administration pénitentiaire annonce des sanctions administratives et la poursuite de l’enquête, le Syndicat des agents pénitentiaires conteste l’idée que les responsables de la prison aient pu décider seuls de leur libération. Dans un communiqué, il met directement en cause la ministre de la Justice, Fanirisoa Ernaivo, et l’accuse d’avoir fait du directeur de l’établissement un bouc émissaire. Ces accusations n’ont, à ce stade, été corroborées par aucun élément vérifié de manière indépendante.

L’absence des détenus a été constatée lors d’une inspection inopinée menée par l’administration pénitentiaire. Outre le directeur, plusieurs responsables font l’objet de mesures administratives, notamment de mutations. Une enquête approfondie doit établir les responsabilités de chacun et les circonstances dans lesquelles les onze détenus ont quitté l’établissement.

Aucune indulgence

Lors d’une conférence de presse à Faravohitra, le directeur de l’inspection pénitentiaire, Jérémie Napou, a indiqué qu’une partie des vérifications avait été achevée, tandis que les autres se poursuivaient. « Toutes les prisons sont ouvertes aux inspections. Concernant cette libération de détenus chinois et malgaches, nous sommes actuellement en pleine enquête », a-t-il déclaré. Il a également évoqué d’autres irrégularités constatées dans les établissements pénitentiaires, notamment l’utilisation illégale de téléphones portables dans les cellules.

Le directeur général de l’administration pénitentiaire, Herinirina Roger Rasamoelina, a, pour sa part, rappelé que les ressortissants chinois concernés avaient été condamnés par la justice malgache et ne devaient pas être libérés. 

«Ces ressortissants chinois ont été condamnés par la justice malgache. Ils ne devaient en aucun cas être libérés, surtout par une personne qui n’a pas le pouvoir de le faire», a-t-il déclaré. Il a insisté sur la nécessité de fonder toute libération sur des documents officiels et des décisions de justice, avertissant qu’aucune indulgence ne serait accordée en cas de complicité.

Les détenus disparus feraient partie des cent soixante ressortissants chinois arrêtés à Madagascar lors du démantèlement de treize réseaux d’escroquerie en ligne. Cette opération avait été menée en collaboration avec le Bureau fédéral d’enquête américain (FBI) et l’ambassade de Chine.

Miora Aristodème

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