Enfant prodigue

El Niño. Quelle idée que d’avoir donné un tel nom à un phénomène qui fait peur à tout le monde. C’est un mot espagnol qui signifie 

« l’enfant ». De là à trouver un rapport, il faut avoir un QI assez élevé. Peut-être qu’il s’agit d’un enfant prodigue. Il a de quoi se réunir pour voir quel dégât cet enfant de mauvais augure peut réserver aux pays de l’océan Indien et à l’Afrique australe. Les prévisions ne sont pas très reluisantes telles que les météorologues ont révélé au 150e Forum de la prévision climatique organisé aux Seychelles réunissant, outre les pays de la zone, l’Afrique du Sud, le Malawi, la Tanzanie et le Mozambique. Des pays qui sont souvent victimes de l’ivresse de la météo avec des cyclones dévastateurs causant des inondations meurtrières. 

Justement, au cours de ce forum, les météorologues ont annoncé des chaleurs exceptionnelles dans la région d’octobre à mars. En revanche, les cyclones seront rares et la pluviométrie reste  normale pour certains endroits. 

Le niveau de la température n’a pas été indiqué mais si on subit une canicule comme c’était le cas en Europe cette année, on aura beaucoup de difficultés. C’est d’autant plus redouté qu’avec l’insuffisance de l’eau, beaucoup de personnes risquent de ne pas pouvoir supporter une vague de chaleur. Avec le réchauffement climatique, tout est devenu imprévisible et extraordinaire. 

La situation risque de se compliquer avec la rareté des cyclones. C’est à la fois un mal nécessaire et un cataclysme. Ils sont nécessaires pour alimenter les fleuves, la nappe phréatique et les sources d’eau. On réalise la gravité de la situation quand on voit qu’en ce moment les fleuves et les lacs tarissent et les barrages hydrauliques et hydroélectriques sont à sec. Une insuffisance d’eau dont les conséquences se répercutent sur l’énergie nécessaire pour faire tourner l’économie en particulier et la vie en général.

Si la sécheresse perdure, on va finir par boire les eaux usées de la capitale. Cela  pourrait être une solution. Une société a fait une démonstration du traitement de l’eau de Masay pour qu’elle devienne claire comme l’eau de roche et bien évidemment potable après analyse dans un laboratoire. Il faut y penser en attendant la mise en fonction des nouvelles stations de traitement d’eau en construction ou en projet, étant donné qu’il faut répondre à une urgence.

Pour l’agriculture, la sécheresse n’annonce rien de bon. Actuellement, beaucoup de rizières aux alentours de la capitale sont désespérément asséchés alors que la mise en terre des plants aurait dû commencer. Outre le manque d’eau, beaucoup de rizières sont devenues impossibles à drainer avec l’eau du barrage d’Ikopa à cause des remblais qui bouchent tous les canaux d’irrigation. La production risque d’être hypothéquée.

Le réchauffement climatique n’épargne aucun pays, aucun continent. Les inondations dévastatrices touchent beaucoup de pays à l’image de la France, de l’Espagne, de la Grèce, de la Turquie, de la Chine, des États-Unis, du Népal, du Sénégal...

Et ce n’est pas fini. Une pluviométrie excessive est devenue récurrente et répétitive. Le monde paie la facture de la course à la croissance et au profit à travers la hausse de la production, donc, avec davantage d’émanation de gaz à effet de serre. Les États-Unis, qui ont tourné le dos au Protocole de Kyoto lors de la COP 3 en 1997 et à l’Accord de Paris lors de la COP 21, depuis l’arrivée de Trump, en savent quelque chose, avec la série d’incendies et d’inondations.

Le drame, c’est qu’on subit également la mauvaise conduite des grands pays pollueurs et on court derrière le Fonds vert de 1000 milliards de dollars pour sauver le monde. Ainsi soit-il.

Sylvain Ranjalahy 

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