La Jirama met en avant une nette amélioration de sa production par rapport à 2025. Toutefois, la baisse du niveau d’eau à Andekaleka et la panne d’une turbine à combustion pèsent toujours sur l’approvisionnement.
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| Un groupe électrogène, installé devant un magasin, prêt à l’emploi. |
Le Réseau interconnecté d’Antananarivo (RIA) a besoin d’une puissance de 225 MW le matin et de 270 MW le soir, selon la Jirama. Plusieurs sources de production permettent de couvrir cette demande. Le barrage d’Andekaleka produit 116 MW en temps normal. La centrale thermique AKSA fournit 60 MW, les turbines à combustion (TAC) 1 et 2 produisent 30 MW, et Farahantsana, parmi les autres centrales hydroélectriques, fournit 28 MW. S’y ajoutent les centrales solaires injectées dans le réseau, d’une capacité totale de 52 MW actuellement.
Une partie de cette puissance n’est pourtant pas disponible actuellement. Hier matin, la Jirama évoquait un déficit de 18 MW. Une TAC n’est pas opérationnelle. Andekaleka ne produit que 97 MW en heure de pointe et 45 MW dans la journée, loin de ses 116 MW habituels. La production des autres centrales hydroélectriques est, aussi, en baisse, avec le tarissement des sources d’eau. Quant au solaire, sa production diminue lorsque le ciel est nuageux, comme hier. Le 8 septembre, par temps similaire, les centrales ont fourni 20 MW, contre 48 MW de puissance disponible à l’époque.
Résultat, depuis mercredi, les coupures sont redevenues quotidiennes, alors qu’elles étaient intermittentes auparavant. Elles durent de 2 à 3 heures par jour, selon les horaires annoncés par la Jirama, hier.
Derrière cette reprise des coupures, la Jirama met en avant une autre réalité. Sa production se serait nettement améliorée par rapport à l’an dernier, grâce à des décisions prises au plus haut niveau de l’État. L’État a notamment acheté 116 groupes, dont la majorité est déjà installée dans les régions, les autres sont en cours d’acheminement. Il importe aussi le carburant nécessaire au fonctionnement de la Jirama.
Changement
Le parc solaire continue par ailleurs de se développer : Ambatolampy 34 MW, Mangatany 5 MW, Ampangabe 4,5 MW, Ilafy 2 MW, Sunfarming 1,3 MW, Ambatomirahavavy 1,2 MW et, depuis cette semaine, Moramanga, 5 MW. La capacité de cette dernière devrait augmenter progressivement. Enfin, des opérations de pluies provoquées sont menées chaque fois que les conditions le permettent, pour augmenter le niveau d’eau qui alimente les centrales hydroélectriques. Des opérations sont réalisées, hier et ce jour, à Andekaleka et Mandraka.
Les chiffres donnent la mesure du changement. En septembre 2025, certains quartiers subissaient jusqu’à 4h 30 de coupure, selon le planning de délestage à cette période. Le déficit de production estimé pour septembre 2026 est de 23,5 MW, contre 44,9 MW 1 an plus tôt. Le constat est le même en juin (15,5 MW contre 47,958 MW) et en juillet (22,35 MW contre 45,19 MW). Pour octobre et novembre, la Jirama prévoit 15,2 et 14,9 MW de gap, contre 26,4 et 27,4 MW en 2025.
Pour les usagers, ces décisions se traduisent avant tout par une réduction du temps passé sans électricité. À Ambohimangakely, Anja, ménagère, a vu son réfrigérateur tomber en panne depuis la nuit du mercredi. « J’avais oublié de brancher le stabilisateur, car c’est seulement maintenant que de nouvelles coupures surviennent », lance-t-elle. Chez les artisans, les commandes subissent les conséquences. Mamy Raharimanana, scieur, n’a pas pu honorer les siennes après deux heures sans courant, hier.
« Impossible d’utiliser un groupe électrogène : il ne supporte pas les machines que nous utilisons », témoigne-t-il. Il refuse, toutefois, de noircir le tableau. « La situation n’a rien de comparable avec celle de l’an dernier. À l’époque, on ne travaillait pas toute la journée à cause des coupures et devait rattraper le retard la nuit », se souvient-il.
Même constat dans une pharmacie. « L’an dernier, avec 6, voire 8 heures de coupure, le groupe électrogène tournait presque toute la journée. Cette année, il a très peu servi », raconte un agent au comptoir. Ces témoignages résument que les coupures sont encore là, mais elles pèsent moins lourd qu’en 2025. Des habitants de Mahajanga, Fianarantsoa et Antsiranana constatent, également, une baisse des coupures de courant, par rapport à l’année dernière. « Il y a des coupures, mais elles ne sont plus aussi importantes », témoigne un habitant de Mahajanga.
Miangaly Ralitera et Fanilo Mampianintsoa
