La jeunesse représente une force économique encore sous-exploitée à Madagascar. Investir dans l’éducation, la santé et l’emploi constitue un enjeu majeur pour transformer le potentiel démographique du pays en amélioration concrète des conditions de vie. Le Rapport sur le profil du dividende démographique, lancé le 23 octobre 2026 à Antananarivo par le ministère de l’Économie et des Finances, avec l’appui du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), met en évidence cette opportunité.
Avec près des deux tiers de sa population constitués de jeunes, Madagascar dispose d’un avantage démographique susceptible d’accélérer sa croissance. Selon le rapport, cette fenêtre d’opportunité, ouverte depuis les années 1980, devrait se poursuivre jusqu’en 2090. Toutefois, cette dynamique ne garantit pas automatiquement le développement économique. Elle nécessite des investissements capables de transformer la jeunesse en une population active, qualifiée et productive.
Le ministre de l’Économie et des Finances, Herinjatovo Ramiarison, a rappelé que le dividende démographique correspond à l’accélération potentielle de la croissance économique lorsque la population en âge de travailler représente une part importante de la population totale. Cette évolution peut favoriser la création de richesses, à condition que les emplois soient disponibles et suffisamment rémunérateurs.
Pour les ménages malgaches, les enjeux sont directs. Un meilleur accès à l’éducation et à la formation professionnelle peut faciliter l’insertion des jeunes sur le marché du travail. De même, l’accès aux soins de santé et à la planification familiale contribue au bien-être des familles et à leur capacité à préparer l’avenir.
Le rapport souligne néanmoins plusieurs obstacles : la pauvreté, les inégalités entre les sexes, l’accès limité aux services sociaux de qualité et la faible productivité de certains secteurs. Les ménages supportent également une part importante des dépenses de santé et de bien-être, tandis que les jeunes et les personnes âgées restent économiquement dépendants.
Lucia Rabarijaona