À la suite des affrontements autour des dortoirs, l’Université d’Antsiranana suspend les cours et ferme provisoirement son campus. Des étudiants, privés d’hébergement, se retrouvent sans solution de repli.
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| Les forces de l’ordre interviennent pour rétablir l’ordre. |
La distribution des nouveaux logements est suspendue, les cours et les activités de recherche interrompus et le campus fermé provisoirement. Ces mesures annoncées vendredi soir par l’OMC élargi et la présidence de l’Université d’Antsiranana font suite aux affrontements entre étudiants autour de la répartition des chambres d’un nouveau bâtiment universitaire. Dans ce climat de peur, certains étudiants se retrouvent dans une situation particulièrement préoccupante : sans famille ni proches dans la ville, ils ne savent pas où aller après la fermeture du campus.
La situation a dégénéré dans la matinée de vendredi, opposant des étudiants originaires des régions Sofia et Sava à ceux de la région Diana. Au cœur du différend, l’attribution des chambres d’un bâtiment universitaire de type R+1, récemment remis par le président de la Refondation de la République de Madagascar, Michaël Randrianirina.
Les étudiants regroupés au sein des associations SAVA-U et TESOMIA contestent les modalités de répartition des dortoirs. Ils jugent le partage inéquitable, estimant que leurs régions comptent parmi les plus représentées au sein de l’université. Dans une déclaration publiée dans la soirée, ils dénoncent également ce qu’ils considèrent comme un traitement inégal entre les étudiants.
En face, les représentants de treize associations étudiantes issues d’autres régions défendent une position différente. Ils affirment que la répartition a déjà été effectuée et refusent de la remettre en cause. Ils reprochent également à leurs opposants de ne pas respecter les décisions prises lors des concertations ou de ne pas appartenir à leur plateforme.
Des étudiants sans solution de repli
Le différend a dégénéré en jets de pierres entre les deux groupes. Des étudiants ont été blessés et le nouveau bâtiment universitaire aurait subi des dégradations. Au-delà des affrontements, la situation a installé un climat de peur sur le campus. Selon des témoignages d’étudiants, des groupes auraient fait irruption dans des logements, dans des circonstances décrites comme une véritable « chasse à l’homme ». Craignant pour leur sécurité, certains ont rassemblé leurs affaires pour quitter précipitamment les lieux.
Mais partir ne constitue pas nécessairement une solution. Pour les étudiants originaires d’autres régions, qui n’ont ni famille ni proches à Antsiranana, la fermeture du campus pose une question immédiate : où trouver refuge ? Privés de leur lieu d’hébergement, certains se retrouvent sans solution de repli, alors même que les mesures annoncées leur interdisent de circuler dans l’enceinte universitaire.
Les forces de l’ordre, conduites par le préfet Huberto Dellaris, sont intervenues pour tenter de maîtriser la situation et de rétablir l’ordre.
Dans leur déclaration, l’OMC élargi et la présidence de l’université annoncent la suspension de la distribution des nouveaux logements jusqu’à nouvel ordre, ainsi que l’arrêt de toutes les activités d’enseignement et de recherche. Le campus est fermé provisoirement en urgence.
La circulation à l’intérieur du campus est interdite à compter du vendredi 16 octobre à 19 heures. La sortie de marchandises et le transport d’effets personnels sont également interdits afin de prévenir d’éventuels abus.
Alors que le conflit sur les critères d’attribution des chambres reste entier, la priorité est désormais de rétablir la sécurité. La situation des étudiants sans hébergement ni soutien familial sur place soulève également la question des dispositions à prendre pour leur permettre de se mettre à l’abri.
Raheriniaina
