ANTSIRANANA - La route du cacao désenclave le haut-Sambirano

Longtemps pénalisé par l’enclavement, le Haut-Sambirano bénéficie désormais d’un axe de 43,9 kilomètres réhabilité. L’infrastructure doit faciliter l’évacuation du cacao et stimuler l’économie locale.

Le haut conseiller de la refondation, colonel Gervais Andriamiarisoa, a coupé le ruban avec les autorités régionales, marquant l’importance de cet axe stratégique d’Ambanja.

La récente réhabilitation de la route du cacao ouvre une nouvelle voie au développement du Haut-Sambirano. Son inauguration officielle marque une étape importante dans le désenclavement de cette partie sud du district d’Ambanja, réputée pour ses potentialités agricoles. Bien plus qu’une piste rurale, cet axe est appelé à devenir un véritable outil économique au service des producteurs, de la filière cacao et des communautés locales.

Dépêché depuis la capitale pour assister à l’événement, le haut conseiller de la Refondation, le colonel Gervais Andriamiarisoa, a pris part à la cérémonie aux côtés des responsables régionaux et des acteurs locaux, témoignant de l’importance accordée à cette infrastructure stratégique.

Longue de 43,9 kilomètres, la piste dessert dix communes et concerne près de cent seize mille ménages ménages. Avant sa réhabilitation, certains secteurs pouvaient rester inaccessibles près de six mois durant la saison des pluies. Même en saison sèche, le trajet pouvait atteindre six heures. Désormais, il peut être effectué en 1 h 30 à 2 heures. Un gain de temps considérable pour le transport et l’évacuation des productions.

Financée par la Banque mondiale à travers le Projet Pôle Intégré de Croissance (PIC) pour un montant annoncé de 34 milliards d’ariary, la réhabilitation ouvre une nouvelle étape pour la filière cacao et l’économie locale. Le Haut-Sambirano fournit entre 60 et 70 % de la production de cacao d’Ambanja, faisant de cette zone un bassin majeur de production. Pourtant, l’enclavement constituait depuis des années un frein majeur à l’évacuation des récoltes, selon le témoignage des paysans. En saison des pluies, une part importante de la production restait stockée sur place, faute de voies terrestres suffisamment fiables pour assurer son acheminement vers les marchés.

Stimuler l’économie

La voie navigable offre une alternative, mais elle ne permet d’évacuer qu’environ 40 % des produits agricoles. Le reste demeure fortement tributaire de l’état des pistes et des conditions climatiques.

La route réhabilitée apporte ainsi une réponse qui dépasse la seule question du transport. « En réduisant considérablement le temps de déplacement, elle facilite l’acheminement de nos produits cacao vers les points de collecte et les marchés », témoigne Zafimbelo, planteur à Andoharano. Elle permet également de réduire les contraintes logistiques pour les producteurs, collecteurs et transporteurs.

L’impact potentiel dépasse le cacao. Le Haut-Sambirano produit également d’autres cultures destinées aux marchés locaux et régionaux. Une meilleure connexion routière peut donc stimuler l’ensemble de l’économie rurale.

Avec près de 116 000 ménages concernés, les retombées attendues touchent également l’accès aux écoles, aux centres de santé, aux marchés et aux services administratifs. La Route du cacao devient ainsi un facteur d’intégration territoriale.

Selon les estimations présentées lors de la cérémonie, l’amélioration des conditions d’exploitation et d’écoulement de la production pourrait générer jusqu’à 50 milliards d’Ariary de revenus annuels supplémentaires au bénéfice des ménages producteurs de cacao. Cette projection devra toutefois être confrontée à l’évolution effective de la production, des prix, des volumes commercialisés et de l’accès aux marchés.

Le véritable enjeu commence désormais après l’inauguration. La pérennisation des résultats dépendra du suivi des engagements, de la mobilisation des acteurs locaux et de l’entretien de l’infrastructure.

Le chef de Région, le général de brigade Louis Francio Marovavy, a annoncé qu’aucun péage ne serait prélevé auprès des usagers. Il a également insisté sur la nécessité de mettre en place un comité de gestion de la route, chargé d’assurer son suivi, son entretien et sa préservation.

Au-delà de l’inauguration, l’objectif est désormais clair : faire de cette route un levier durable pour la production, la commercialisation du cacao et l’ensemble de l’économie du Haut-Sambirano.

Raheriniaina

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