Madagascar veut donner un nouvel élan à sa coopération avec le Botswana, dans le cadre d’un rapprochement avec les pays de la SADC. Le chef de l’État a plaidé pour une coopération fraternelle entre les deux pays, tournée vers le développement et le partage d’expertises africaines.
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| Poignée de main entre le colonel Randrianirina et le président Boko, samedi. |
Une coopération « fraternelle ». C’est ce que Madagascar et le Botswana comptent établir, selon les déclarations du colonel Michaël Randrianirina, chef de l’État, samedi, à l’aéroport d’Ivato. Il revenait d’une visite officielle au Botswana, dont l’objectif annoncé était de relancer la coopération bilatérale.
À entendre le locataire d’Iavoloha, le rapprochement entre Madagascar et le Botswana prend donc une nouvelle dimension. Comme il l’affirme, cette visite officielle « entre également dans le cadre d’une volonté de renforcer les relations entre Madagascar et les pays de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), mais aussi pour promouvoir la coopération entre les pays africains ».
Reçu par le président botswanais Duma Gideon Boko, l’officier supérieur a eu un entretien d’environ une heure avec son homologue, rapporte la présidence de la Refondation de la République. La rencontre a été suivie de la signature d’un document destiné à renforcer la coopération bilatérale et d’une réunion de travail. Plusieurs secteurs ont été identifiés comme prioritaires, notamment l’agriculture, la pêche, les infrastructures routières, les ressources foncières, les mines et les énergies renouvelables.
Au-delà des accords, la visite traduit aussi une volonté de réactiver une relation appelée à s’inscrire dans la stratégie régionale de Madagascar. « Le Botswana fait partie des pays qui ont soutenu la Refondation de la République dès ses débuts », a souligné le colonel Randrianirina lors d’une rencontre avec la diaspora malgache, à Gaborone. C’est une autre raison avancée par le chef de l’État pour expliquer l’importance accordée au renforcement des liens avec le Botswana. Visiblement, l’officier supérieur s’est trouvé un allié au sein de la SADC. Cette proximité pourrait constituer un contrepoids aux affinités entre son prédécesseur, Andry Rajoelina, et Mswati III, roi d’Eswatini.
Accord-cadre de coopération
Sur le plan régional, Madagascar compte également jouer un rôle plus actif au sein de la SADC. Durant sa rencontre avec son homologue botswanais, le locataire d’Iavoloha a ainsi défendu l’idée d’une Afrique australe davantage intégrée, capable de mutualiser ses ressources et ses compétences afin d’accélérer le développement et d’améliorer les conditions de vie des populations. Il propose de concrétiser cette vision par le renforcement des relations commerciales entre les deux pays. Le chef de l’État a notamment mis en avant l’ambition malgache de devenir « le grenier de l’Afrique australe ».
Selon la présidence, dans le cadre de cette redynamisation de la coopération, une équipe réunissant les parties malgache et botswanaise travaillera à l’élaboration, « d’ici trente jours », d’accords de coopération bilatérale dans différents domaines. Toujours d’après l’institution présidentielle, la prochaine étape sera « le renouvellement de l’accord-cadre de coopération entre les deux pays qui date de 2006 ». La suppression de l’obligation de visa pour les citoyens des deux pays est notamment évoquée.
La coopération devrait également permettre aux deux pays de partager davantage leurs expériences. Le Botswana dispose notamment d’une expertise reconnue dans le secteur minier, surtout dans l’exploitation et la transformation du diamant. Les mines étant un domaine stratégique pour Madagascar, l’expérience botswanaise en matière de gouvernance et d’exploitation du diamant figure parmi les pistes de coopération mises en avant. La gestion de cette ressource a, en effet, largement contribué à l’essor du pays et à son positionnement parmi les économies les plus dynamiques d’Afrique.
Le chef de l’État a invité les experts botswanais à partager leur savoir-faire dans le secteur minier, mais également dans l’agriculture, les infrastructures et la gestion des ressources foncières. L’objectif affiché est de privilégier une coopération entre pays africains fondée sur le transfert de compétences et la valorisation des expériences propres au continent.
L’énergie constitue un autre axe important. L’officier supérieur a souligné l’intérêt de l’expertise du Botswana dans le domaine des énergies renouvelables. Ce partage d’expérience pourrait contribuer aux ambitions malgaches en matière d’énergie propre, de résilience face au changement climatique et de développement économique. Le président Boko a, de son côté, exprimé la disponibilité du Botswana à accompagner Madagascar dans plusieurs domaines, notamment l’eau, les énergies renouvelables et l’agriculture. Il a également réaffirmé son soutien au processus de Refondation dans la Grande Île.
Garry Fabrice Ranaivoson
