WEEK-END À TOLIARA - Forte attraction pour la boxe traditionnelle « Doranga »

Le combat oppose deux hommes jugés virils. Tous les coups sont permis sauf ceux provenant des pieds.

Le « Doranga », une forme de boxe traditionnelle mêlée d’arts martiaux, occupe une place importante dans la culture des « Vezo ». Cette pratique est également répandue auprès d’autres ethnies du Sud-ouest de Madagascar, depuis la région Menabe jusqu’au littoral Sud de la région Atsimo Andrefana. Bien plus qu’une simple discipline sportive, le « Doranga » constitue un véritable phénomène culturel et populaireLe grand terrain d’Anketraka à Toliara a abrité pendant deux jours une grande compétition de « Doranga ». La quatrième édition pour cette année. L’événement a été marqué par une ambiance festive, avec des prestations musicales, la présence d’artistes, des hôtesses et un grand chapiteau réservé aux Very Important Persons (VIP), venus de différentes localités de la région et d’autres parties du pays. L’événement est sponsorisé par des opérateurs téléphoniques et d’autres entreprises locales. Le combat traditionnel est organisé par Rihno Soafilira, un jeune politicien, opérateur économique et candidat malheureux aux élections municipales de 2024, président de l’association « Marozatovo ».

Si l’ambiance festive attire une foule nombreuse, les spectateurs viennent surtout pour assister aux affrontements et découvrir les talents des boxeurs. Jeunes et moins jeunes, majoritairement des hommes, composent la grande partie des spectateurs. 

Rassemblement

Les boxeurs sont âgés entre 13 et 50 ans en moyenne. Il n’y a ni gants de boxe, ni protège-dents, ni aucun autre accessoire de protection. Ce sont les mains et les bras qui doivent être forts pour marquer des coups importants à son adversaire. Il n’est pas autorisé de faire usage de ses pieds. Les combats sont rythmés par des tambours et des sifflets.

Un seul coup net suffit généralement à mener à la victoire. « Le terme Doranga fait référence historiquement au battement de tambours et aux sifflets qui accompagnent l’énergie du combat », explique un père de famille, Soavelo, arbitre lors de certaines compétitions. 

« Le Doranga devient une forme de rassemblement des jeunes, des adultes et même de ceux qui sont déjà âgés. C’est à la fois un loisir et un sport, mais aussi une démonstration de la vitalité de cette culture typique du Sud également. Nous sommes attachés à notre culture », réagit Fiambena, un jeune habitant d’Antaravay, venu assister à l’événement pendant deux jours.

Le « Doranga » se pratique tous les week-ends à Anketraka, mais en moindre grandeur que l’édition du week-end dernier. Des jeunes de quartier s’affrontent et les mises sont ouvertes. Elles peuvent aller jusqu’à 200 000 ariary à certaines occasions. Rihno Soafilira, président du comité d’organisation du « Doranga », demande aux autorités de transformer une partie de l’actuel terrain d’Anketraka en une propriété communale. Pour l’heure, le terrain appartient à un propriétaire privé et entrave quelque peu l’organisation des combats de « Doranga »  durant les week-ends.

Mirana Ihariliva

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