Détenus à Tsiafahy après avoir tenté d’entrer illégalement sur le territoire, quatre Mauriciens présumés trafiquants de drogue font l’objet d’une demande d’extradition.
![]() |
| Les quatre Mauriciens sont actuellement incarcérés à la maison de force de Tsiafahy. |
Actuellement incarcérés à la maison de force de Tsiafahy, David Kingsley Chicot, 35 ans, Ismaël Benjamin Yoël, 29 ans, Jean David Legentil, 30 ans, et Brian Bowanee, 30 ans, pourraient être rapatriés à Maurice. Ils sont soupçonnés de trafic de drogue.
La suite de la procédure s’oriente vers une possible extradition, d’après la Direction de la police judiciaire (DPJ) de la gendarmerie. La police mauricienne, arrivée dans la capitale, aurait déposé une demande officielle. Celle-ci reste en attente d’une réponse des autorités malgaches, qui doivent statuer sur l’application d’un accord d’entraide judiciaire mutuelle.
Dans la nuit du 19 juillet, les prévenus ont tenté d’entrer clandestinement sur le territoire malgache par le littoral du fokontany Maharavo, commune d’Ambohitralanana, district d’Antalaha. Leur hors-bord, qui aurait été volé et ne portait aucune immatriculation, s’était brisé contre les récifs. Secourus par des pêcheurs nocturnes, ils ont affirmé être des touristes venus de La Réunion et ont déclaré être arrivés en voiture à Maharavo, mais aucun document ne prouvait leur statut.
Identité confirmée
Les recherches menées en mer ont permis de retrouver l’embarcation coulée et, grâce à Interpol, leur véritable identité a été confirmée.
La gendarmerie locale a été dessaisie de l’affaire lorsque les quatre individus ont été remis à la DPJ du Toby Ratsimandrava. Ils ont été présentés au parquet et mis en détention préventive.
Une équipe de l’unité antidrogue mauricienne a séjourné deux semaines à Madagascar pour les interroger sur le financement de l’expédition, leurs contacts et la destination finale d’une éventuelle cargaison de stupéfiants.
Legentil et Yoël étaient déjà poursuivis dans une affaire de trafic de cannabis estimée à près de 375 milliards d’ariary et avaient obtenu leur liberté sous caution en janvier 2025 à Maurice. Leur présence à Madagascar constitue une violation manifeste de ces conditions.
Quant à Bowanee, il était recherché. La vedette rapide utilisée, surveillée depuis mars, est au cœur des investigations de la police mauricienne. Celle-ci doit reconstituer son parcours et identifier les personnes qui y ont eu accès avant la traversée.
Gustave Mparany
