On est où là ? Il y a lieu de se poser cette question. Il semble qu’on marche sur la tête. Tout le monde veut ne faire qu’à sa tête. Les transporteurs se sont défendus bec et ongles pour s’accrocher au stationnement Fasan’ny Karana, refusant d’aller à la gare routière Amoronakona. Pourtant, entre les deux, c’est le jour et la nuit. Les transporteurs, mêlés aux pickpockets, aux charretiers, aux vendeurs à la sauvette, aux trafiquants de toutes sortes, aux rabatteurs…, sont allés jusqu’à bloquer la RN7, obligeant les Forces de l’ordre à réagir, étant donné que les revendications ont dépassé les bornes. Le ministère des Transports n’a pas plié malgré les pressions et les insultes. Il fallait heureusement montrer que l’État a une autorité et que la pauvreté ne doit pas être un prétexte pour se prélasser dans l’indiscipline et l’anarchie.
Les transporteurs ont fini par faire profil bas en rendant les armes et se sont résolus à rejoindre une gare qui respecte la dignité des passagers et les normes requises pour leur métier.
Il était temps, n’empêche que le mouvement de contestation semble faire tache d’huile. Les commerçants occupant les trottoirs à Ambodivona ont refait le même style en obstruant la rue pour contester la décision de la CUA de les dégager pour fluidifier le trafic.
Et pas plus tard qu’hier, les charretiers ont fait une caravane au By Pass en signe de riposte à la décision qui leur ferme la circulation du côté d’Amoronakona. C’est le comble, étant donné que les charretiers n’ont jamais été autorisés à circuler en milieu urbain. Mais le laisser-aller général a fait que les rues appartiennent à tout le monde et que l’inaction des autorités pendant plusieurs années a contribué à installer cette situation, de peur de perdre des élections. Certains pensent même qu’il s’agit d’un droit acquis et qu’on ne doit pas le remettre en cause.
Le populisme et le clientélisme électoral ont souvent rendu impossible toute velléité d’assainissement. Le dégagement des marchands de rue se heurte à tous les coups à un refus catégorique et l’appui des autorités suprêmes.
Ceux qui veulent remettre de l’ordre dans la maison sont ébranlés par cette complicité avec les hors-la-loi. Mais il faut continuer sur la lancée d’Amoronakona. Ce n’est pas le moment de céder à la dictature du prolétariat. Au contraire face à « l’union qui fait la farce », il faut opposer une fermeté sans concession. C’est ainsi que l’on peut « refonder » une nation. Élémentaire.
Sylvain Ranjalahy
La refondation devait tout régler , n'est ce pas Marco ??? Un jour ... peut-être !!!
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