L’évasion de trois détenus de la maison centrale d’Ambalatavoahangy, hier, à Toamasina, remet en lumière les failles de sécurité auxquelles sont confrontés les établissements pénitentiaires.
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| La prison d’Ambalatavoahangy, à Toamasina, où s’est produite l’évasion. |
En quelques semaines, plusieurs prisons ont été touchées par des incidents similaires, soulevant des interrogations sur les dispositifs de surveillance et les moyens dont disposent les services pénitentiaires.
Hier, à 8 h 45, trois détenus ont tenté de s’évader de la prison d’Ambalatavoahangy. Selon le ministère de la Justice, ils ont utilisé un escalier appartenant à une entreprise chargée de travaux dans l’établissement. Deux d’entre eux ont été rattrapés, tandis que le troisième a réussi à prendre la fuite.
Lors de l’intervention, l’un des fugitifs a été atteint par balle au niveau du bassin. Malgré les soins reçus, il a succombé à ses blessures. Le deuxième évadé a été maîtrisé et remis en détention. Une enquête est en cours et les autorités pénitentiaires ont annoncé un renforcement des mesures de sécurité.
Une série d’incidents
Le détenu toujours recherché s’appelle Éric Joël, 32 ans, originaire de Mahanoro. Agent de sécurité domicilié près du FLM Mangarano, à Toamasina, il purgeait une peine pour vol à main armée après avoir été réincarcéré le 14 octobre 2022. Il mesure 1,65 m, est de corpulence moyenne, a les cheveux crépus et les yeux marron et porte une cicatrice à la main gauche.
L’incident d’Ambalatavoahangy intervient après plusieurs évasions ou tentatives d’évasion enregistrées dans différentes régions du pays. À Morondava, un prisonnier évadé a été intercepté par la police le 25 août, vers 21 heures, lors d’un contrôle routier à Bemanonga.
À Antsiranana, quatre détenus du camp pénal d’Andaloasy ont pris la fuite le 19 août, après une mutinerie et une attaque contre des responsables de l’établissement. Ces derniers ont été blessés, mais leur pronostic vital n’était pas engagé. Les recherches se sont poursuivies pour retrouver les fugitifs.
À Imerintsiatosika, une évasion survenue le 7 août à la Maison de Force a également entraîné des mesures disciplinaires. Quinze agents pénitentiaires ont été suspendus pour manquements dans le cadre de l’enquête menée par la Direction de l’Inspection pénitentiaire. Le détenu concerné a depuis été retrouvé.
La répétition de ces incidents pose la question de la sécurisation des établissements pénitentiaires, mais aussi du contrôle des personnes et des entreprises intervenant dans leur enceinte. À Ambalatavoahangy, l’utilisation d’un escalier appartenant à une entreprise chargée de travaux illustre notamment les risques liés aux interventions extérieures dans des sites hautement sécurisés.
Au-delà des moyens matériels, la surveillance des détenus et le respect des procédures de sécurité apparaissent également au cœur des préoccupations. La suspension d’agents pénitentiaires à Imerintsiatosika témoigne de la volonté des autorités d’identifier d’éventuels manquements.
La ministre de la Justice, Fanirisoa Ernaivo, avait rappelé, à la suite de précédents incidents, que devant la loi, aucune distinction n’est tolérée et que l’intégrité du service public doit être préservée.
À Ambalatavoahangy, les recherches se poursuivent pour retrouver Éric Joël. Son signalement a été communiqué aux forces de l’ordre. Toute personne disposant d’informations permettant de le localiser est priée d’aviser les autorités compétentes ou l’établissement pénitentiaire le plus proche.
Gustave Mparany
