ENVIRONNEMENT - L’exploitation minière s’étend dans les aires protégées

Les exploitations minières illicites gagnent du terrain dans les forêts. Les arrestations se multiplient à l’intérieur des aires protégées.

Une partie du site Ramsar Torotorofotsy détruite par des exploitants miniers illicites  à Andasibe.

L’exploitation minière prolifère dans les aires protégées», alerte un responsable de l’environnement ayant requis l’anonymat, hier. « C’est partout, d’après les échanges que j’ai eus avec des collègues », poursuit la source.

Les arrestations successives de suspects dans plusieurs aires protégées, ces derniers temps, illustrent cette prolifération. En fin de semaine dernière, trois personnes ont été prises en flagrant délit dans le site Ramsar de Torotorofotsy, lors d’une patrouille mensuelle menée par des éléments des forces de l’ordre et des patrouilleurs de l’association Mitsinjo, gestionnaire du site. « Ces exploitants ont détruit une surface importante du site, notamment l’habitat naturel des grenouilles, pour chercher de l’or. Comme s’ils avaient rasé le lieu au bulldozer. Cet endroit se trouve juste en face de Mantadia. Ils ont déjà défriché des forêts, avant de s’attaquer à cet endroit », rapporte Christin Nasoavina, président de l’association Mitsinjo. D’autres individus auraient également pris part à cette exploitation. « Mais ils ont pris la fuite en nous entendant arriver », poursuit Christin Nasoavina.

Arrêtées

Dans la région Alaotra-Mangoro, trois autres personnes inculpées pour exploitation minière illicite auraient été arrêtées dans le parc Zahamena. « L’affaire a été déférée à Ambatondrazaka, les individus ont été placés en détention préventive », rapporte une source. Quelques jours plus tôt, trois autres personnes avaient été prises en flagrant délit dans le corridor Ankeniheny-Zahamena.

Par ailleurs, deux ressortissants chinois, soupçonnés d’avoir acheté des pierres précieuses provenant de l’aire protégée de Makira, ont été arrêtés début septembre à l’issue d’une opération menée par le ministère de l’Environnement et du Développement durable. « Cette tendance a commencé à progresser en début d’année. Nous ignorons, pour le moment, les causes de cette progression », indique un responsable de l’environnement.

Les aires protégées sont ainsi fortement menacées par l’essor de l’exploitation minière à l’intérieur des forêts. « S’il n’y a pas de mesures strictes pour stopper ce fléau, les forêts de l’Est auront disparu d’ici cinquante ans », avertit Christin Nasoavina.

Sur le terrain, les autorités assurent poursuivre la lutte contre ce phénomène, mais se heurtent à un manque de ressources humaines et de moyens.

 « Impossible de faire un ratissage. Si vous organisez une mission et que vous arrêtez quelqu’un, vous devez le ramener immédiatement: vous ne pouvez pas poursuivre l’opération avec lui », explique notre source. Elle appelle à des mesures multisectorielles pour enrayer ce fléau. « Si cette exploitation illicite subsiste, c’est qu’il existe tout un enchaînement d’opérations. Cet enchaînement doit être rompu pour mettre fin à cette exploitation illicite », recommande-t-elle.

Miangaly Ralitera

Enregistrer un commentaire

Plus récente Plus ancienne