EAU ET ÉNERGIE - L’Assemblée nationale demande l’accélération des projets

Les problèmes sociaux s’invitent à la cérémonie d’ouverture de la session extraordinaire de la Chambre basse. Portant la voix des députés, Siteny Randrianasoloniaiko requiert l’accélération des projets d’eau et d’électricité. 

Siteny Randrianasoloniaiko, président  de l’Assemblée nationale, au perchoir, hier.

Le sujet s’impose. Difficile de faire abstraction de la situation sociale dans les événements politiques actuels. Ça a été le cas durant la cérémonie d’ouverture de la session extraordinaire de l’Assemblée nationale, hier, à Tsimbazaza.

Outre les sujets d’ordre purement politique, le retour en force des longues heures de délestage dans le Réseau interconnecté d’Antananarivo (RIA) a été en toile de fond de l’événement. Des coupures d’électricité qui, dans plusieurs quartiers, entraînent des coupures de l’approvisionnement en eau puisque les points de pompage électrique sont également à l’arrêt. Face à la situation, Siteny Randrianasoloniaiko, président de la Chambre basse, a appelé l’Exécutif à accélérer les projets censés apporter des solutions durables aux problèmes d’eau et d’électricité.

Dans son allocution, le patron de l’institution de Tsimbazaza a tant bien que mal essayé d’arrondir les angles. Il a mis en avant les projets en cours pour démontrer que les autorités s’appliquent à trouver des solutions immédiates et durables à la situation. Pour l’eau, il a cité que plus de mille infrastructures d’approvisionnement en eau ont été construites ou réhabilitées au bénéfice d’un million de personnes. Des travaux dans le cadre du Projet d’amélioration de l’accès à l’eau potable (PAAEP) sont aussi en cours. Toutefois, la période d’étiage révèle les failles structurelles et techniques qu’il faut encore combler. Une situation d’autant plus criante concernant l’approvisionnement en électricité.

En raison de l’étiage, les performances des centrales hydroélectriques sont minimes. Les centrales thermiques n’arrivent pourtant pas à suivre le rythme et à combler le gap. Les moteurs, vétustes pour la plupart, lâchent souvent lorsqu’ils sont poussés à plein régime. Que ce soit en raison de l’insuffisance de la production ou des pannes techniques, les ménages sont victimes des délestages. Hier, Siteny Randrianasoloniaiko a par ailleurs expliqué que les longues coupures dans certaines zones du Réseau interconnecté d’Antananarivo (RIA), récemment, « découlent d’un vol de câble électrique de 28 kilomètres sur la RN1 (Route nationale numéro 1), auquel s’est ajouté le vol de 600 mètres de câbles, hier [mercredi] ».

Mesure de performance

L’homme au perchoir qualifie les faits « d’acte de déstabilisation ». Les vols et vandalismes ne sont cependant qu’une partie des défaillances du secteur de la production et de l’approvisionnement en électricité. Ici aussi, le patron de l’Assemblée nationale a essayé d’atténuer l’ampleur du problème en avançant que des projets de construction de centrales solaires d’un total de 44 mégawatts, pour la RIA, sont en cours. Néanmoins, il concède « qu’il ne faut pas confondre les travaux faits ou en cours et les projets en voie de concrétisation ».

Parlant au nom des membres de l’institution de Tsimbazaza, Siteny Randrianasoloniaiko demande ainsi que « les différentes étapes et les durées de réalisation des projets doivent être indiquées de manière transparente à la population » . Il réitère, du reste, son appel au pouvoir exécutif d’accélérer les projets, surtout dans le secteur de l’eau et de l’électricité. Les problèmes dans ces domaines ont été les déclencheurs des manifestations ayant déposé Andry Rajoelina, ancien président de la République. Presque un an après le début des manifestations de septembre et octobre 2025, le sujet est toujours au cœur des problèmes quotidiens des ménages.

À son retour de son déplacement en France et en Belgique, la semaine dernière, le colonel Michaël Randrianirina, chef de l’État, a lui-même reconnu que, dans le secteur de l’énergie, il s’agissait jusqu’ici « de boucher les failles ». À l’entendre, l’administration de la Refondation compte engager des projets structurants pour y apporter des solutions durables. La remise sur les rails du projet Volobe en est un exemple. Toutefois, la réalisation de ce projet nécessitera quelques années. Des projets pouvant apporter des solutions rapides et à moyen terme ont été identifiés durant une réunion avec la Banque mondiale, conduite par Mamitiana Rajaonarison, Premier ministre, au palais de Mahazoarivo, la semaine dernière.

L’accélération des projets solaires aurait notamment été mise en avant durant cette réunion à Mahazoarivo. Des financements à cet effet seraient disponibles au niveau de la Banque mondiale. Toutefois, la lourdeur administrative, retardant considérablement le décaissement de ces fonds, a été pointée du doigt durant les discussions. En réaction, la Primature cogite avec d’autres acteurs sur une politique d’usage à bon escient des deniers publics. La réforme des procédures de décaissement serait notamment en ligne de mire.

Outre l’eau et l’électricité, l’insécurité, l’inflation ou encore la lutte contre la corruption ont été évoquées dans le discours d’ouverture de la session extraordinaire de l’Assemblée nationale, hier. Avant de terminer son allocution, Siteny Randrianasoloniaiko a rappelé que « la vraie mesure de la réussite d’une politique étatique est la perception d’une amélioration, d’un changement concret dans le quotidien de la population ». 

Garry Fabrice Ranaivoson

1 Commentaires

  1. Paroles paroles paroles . .. Et comme dit le proverbe: les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent !!! A bientôt ! Un jour ....

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