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| Les artistes malgaches qui rejoindront la scène de l’Opéra de Massy pour « 3 Opéras d’Outre-mer ». |
L’opéra ouvre une nouvelle scène à la création ultramarine. Les 1er et 2 octobre prochains, l’Opéra de Massy accueillera « 3 Opéras d’Outre-mer », un spectacle réunissant une centaine d’artistes autour de trois œuvres consacrées à l’histoire et aux réalités de l’océan Indien. Parmi eux, treize artistes lyriques malgaches participeront aux représentations, aux côtés d’artistes réunionnais et français.
À Antananarivo, les artistes malgaches poursuivent leur préparation avant de rejoindre la distribution en France. Ils travailleront notamment avec l’Orchestre de l’Opéra de Massy ainsi qu’avec deux ensembles vocaux, l’un réunionnais-malgache et l’autre parisien.
Le spectacle rassemble trois opéras : « Maraina», « Chin » et « Fridom », écrits par Emmanuel Genvrin et mis en musique par Jean-Luc Trulès. Ces trois œuvres abordent différentes périodes et problématiques de La Réunion et de l’océan Indien. « Maraina » revient notamment sur l’histoire de personnages malgaches présents sur l’île Mascarenne au XVIIe siècle. « Chin » évoque un conflit dans une usine sucrière en 1954 et interroge les questions politiques liées à la place de La Réunion. « Fridom » s’intéresse, pour sa part, à une radio libre réunionnaise qui avait suscité des émeutes, autour de la libération de la parole, de l’accès à la société de consommation et des difficultés qui l’accompagnent.
Coopération
Au-delà des récits, cette trilogie se distingue également par son langage musical. Les œuvres intègrent des rythmes peu courants dans la musique classique française, apportant une dimension particulière à leur interprétation et imposant des exigences techniques aux musiciens.
Selon Emmanuel Genvrin, responsable du projet : « Ce travail s’inscrit dans une coopération engagée depuis une vingtaine d’années entre La Réunion, Madagascar et la France ». Trois opéras originaux ont ainsi été créés dans le cadre de cette démarche. « Maraina » avait notamment été présenté en 2007, avant de faire l’objet d’un film tourné à Fort-Dauphin. Les œuvres ont déjà été présentées au public, mais cette nouvelle étape les conduit pour la première fois dans une maison d’opéra.
Pour les artistes malgaches, cette participation constitue ainsi une occasion de faire connaître leur savoir-faire lyrique dans un cadre professionnel français. Au-delà de la représentation, le projet repose sur une démarche de coopération culturelle à long terme, portée par une question centrale : « Qu’est-ce que l’on peut faire ensemble ? »
Cassie Ramiandrasoa
