CONCERTATION NATIONALE - Le FFKM traîne dans la phase préparatoire

À en juger par un appel à candidatures lancé hier par le FFKM, la concertation nationale serait toujours dans sa phase préparatoire. Chaque retard risque d’avoir des répercussions sur les échéances électorales.

Les responsables religieux du FFKM lors du culte œcuménique organisé à Andohatapenaka le 25 août.

Le temps presse. Cette expression pourrait s’appliquer au Conseil œcuménique des Églises chrétiennes de Madagascar (FFKM) au sujet de la concertation nationale. À en juger par un appel à candidatures daté du 18 septembre et publié hier, le processus en est encore à la phase préparatoire.

« Nous sommes pleinement dans les préparatifs de la mise en œuvre de la concertation pour la Refondation de Madagascar (…) », indique notamment cet appel à candidatures. Il s’adresse « aux enfants des Églises [membres du FFKM]» en vue du recrutement de modérateurs de débats, de responsables logistiques et de secrétaires de séance pour les discussions organisées aux différents niveaux de la concertation nationale. La date butoir pour le dépôt des candidatures auprès des bureaux de chaque Église du pays est fixée au 23 septembre. L’institution ecclésiale précise par ailleurs que les personnes recrutées devront suivre une formation avant de se jeter dans le grand bain.

En réaction à cet appel à candidatures, Johasy Éléonore, du parti « Tsara Tahafina», s’interroge sur la place des personnes appartenant à des confessions ou à des religions autres que celles représentées au sein du FFKM. D’autres observateurs relèvent que les Églises semblent prendre leur temps dans la conduite de la concertation nationale. Près d’un mois après le culte œcuménique marquant le lancement officiel de la phase opérationnelle du processus, organisé à Andohatapenaka le 25 août, les choses ne bougent toujours pas sur le terrain.

Calendrier serré

Lors de cet événement, il avait pourtant été annoncé que les formations des facilitateurs des débats au niveau des districts, des communes et des fokontany se tiendraient du 1er au 11 septembre. La concertation proprement dite devait ensuite commencer dans les fokontany à partir du 14 septembre.

À compter du 14 septembre, le calendrier établi par les Églises prévoyait le début des concertations au niveau des communes le 5 octobre, puis dans les districts le 26 octobre et dans les régions le 16 novembre. La concertation nationale, quant à elle, est prévue en mars 2027. Le FFKM indique également que les résolutions ne seront connues qu’après mai 2027. Un calendrier qui s’avère déjà serré au regard des échéances électorales inscrites dans le Programme de la Refondation de la République, remis à la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) le 28 février.

Dans ce document, l’État prévoit la tenue d’un référendum constitutionnel ou d’une élection constituante entre mai et juillet 2027, puis l’organisation de l’élection présidentielle avant la fin de la même année. En déplacement à Antsirabe samedi, le colonel Michaël Randrianirina, chef de l’État, a réaffirmé l’objectif de tenir des élections l’année prochaine. Il n’a cependant pas précisé lesquelles.

Sauf changement de démarche, le respect des échéances électorales prévues, en particulier celle relative à l’adoption d’une nouvelle Constitution, dépend de l’issue de la concertation nationale. Les résolutions de celle-ci devraient, en effet, servir de référence à la rédaction du ou des projets de loi fondamentale qui seront soumis au vote des citoyens.

Le chef de l’État a déjà pris les devants en organisant des consultations sur l’organisation des élections. Il est toutefois probable que la concertation nationale, érigée en instance « souveraine », débouche également sur des recommandations visant à réformer le cadre légal et institutionnel des scrutins. D’où l’importance de respecter le calendrier prévu pour la tenue des débats.

Pourtant, le FFKM semble prendre son temps et s’accorder quelques libertés avec son chronogramme. Chaque jour ou chaque semaine de retard risque de compromettre la tenue des élections nécessaires au retour à l’ordre constitutionnel avant la fin de 2027.

Garry Fabrice Ranaivoson

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