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| Une tenue commune pour renforcer l’esprit d’association et l’unité des membres. |
Une caisse, trois clés et une règle simple : l’argent mis de côté doit servir à avancer. À Andapa, 228 Voamami, ou associations villageoises d’épargne et de crédit, réunissent des ménages autour de ce principe. La caisse la plus importante atteint 28,94 millions d’ariary. Derrière cette somme, une pratique s’installe : épargner ensemble pour pouvoir investir lorsque l’occasion se présente. Intégré à l’Asa Avotra Mirindra, programme de filets sociaux productifs, le Voamami permet aux membres d’obtenir de petits crédits pour financer leurs projets, notamment leurs activités génératrices de revenus. Chaque membre contribue notamment à hauteur de 500 ariary par semaine pour l’épargne sociale. Des parts peuvent également être achetées à 2 000 ariary l’unité, selon les règles de l’association.
Le bénéfice est concret pour ceux qui utilisent le crédit pour faire tourner leur activité. Une participante spécialisée dans la vente de friperie a ainsi pu acheter deux balles de friperie grâce à son emprunt.
« L’argent du Voamami porte ses fruits lorsqu’il est réellement utilisé pour le projet prévu », explique Julie Annie, agent villageoise, en rapportant son expérience. Le prêt n’est toutefois qu’une partie du système. La véritable particularité du Voamami se trouve dans sa culture. Ici, la confiance se construit au fil des réunions. Il n’y a pas de compte bancaire : l’argent est conservé dans une caisse dont trois clés sont détenues par trois membres différents. Les opérations se déroulent devant le groupe. Chacun sait ce qui entre, ce qui sort et dans quel cadre l’argent est utilisé.
Cette organisation impose aussi une discipline. Les retards et les absences aux réunions peuvent être sanctionnés selon le règlement établi par l’association. Les membres apprennent ainsi à respecter les engagements pris collectivement. La confidentialité des informations sur les épargnes et les crédits renforce également la confiance. Le crédit est remboursé sur trois mois, avec un intérêt de 10 %. Ces intérêts restent dans la caisse et permettent au capital de progresser. Au terme du cycle de neuf mois, le capital et les intérêts sont répartis entre les membres selon leur niveau d’épargne.
Plus qu’une simple caisse, le Voamami crée ainsi une petite économie à l’échelle de la communauté: on épargne ensemble, on se fait confiance, on investit et on fait fructifier collectivement l’argent.
Fanilo Mampianintsoa
