Après Ambatofinandrahana, c’est au tour du district d’Antsirabe II de faire l’objet d’investigations. Plusieurs enfants sont décédés en deux jours dans l’une de ses communes.
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| Des autorités à Antsirabe II, lors de l’activité de riposte dans le village où des enfants sont décédés. |
Un drame a frappé la commune rurale d’Ambohitsimanavo, dans le district d’Antsirabe II. Six enfants, âgés de moins de 7 ans, sont décédés successivement les 4 et 5 août, selon des sources officielles. Le dernier est décédé en cours de route vers le Centre de santé de base (CSB1) d’Avarabohitra, où il devait être pris en charge. La rougeole serait la cause probable de leur décès.
« Les équipes du ministère de la Santé publique se sont immédiatement rendues sur le terrain pour mener une enquête, en collaboration avec les responsables du Service du district de la santé publique (SDSP) d’Antsirabe II. Les analyses effectuées ont confirmé que la rougeole est bien la cause du décès de ces six enfants », selon une publication sur la page Facebook du ministère de la Santé publique, hier.
D’autres sources apportent d’autres explications : « Les professionnels de santé ont soupçonné la rougeole comme cause de ces décès. Ces enfants ont présenté les symptômes de cette maladie, comme une fièvre qui a duré une semaine, voire deux, avant de mourir », affirme une autorité locale à Antsirabe II.
Pour des sources médicales, l’imputation de ces décès à la rougeole doit être abordée avec prudence. Un responsable précise, en effet, que le chef du Centre de santé de base (CSB) n’a pu examiner que deux des victimes, qui présentaient des éruptions cutanées. Quant aux quatre autres enfants, ils avaient déjà été inhumés.
« En l’absence d’investigations sur ces cas, il est impossible de confirmer formellement que la rougeole est à l’origine de l’ensemble de ces décès », indique notre source.
Inquiétante
La présence du virus de la rougeole dans cette commune est toutefois confirmée. Un cas de rougeole a été confirmé à Sahanivotry Est en juin 2026, selon les résultats des analyses du prélèvement réalisées par l’Institut Pasteur de Madagascar (IPM).
Cette maladie éruptive continue de se propager. Trois enfants, deux garçons de 30 mois et une fille de
7 mois, originaires de cette commune, présentent des éruptions cutanées, de la fièvre et une grande fatigue. « Des prélèvements ont été envoyés à l’IPM pour confirmer s’il s’agit bien de la rougeole », poursuit la source.
À Mandrosonoro, dans le district d’Ambatofinandrahana, vingt-deux cas suspects de rougeole ont été notifiés la semaine dernière. Des prélèvements effectués sur sept personnes ont été envoyés à l’IPM pour confirmation.
Le virus de la rougeole continue de circuler. Selon la situation épidémiologique publiée par le ministère de la Santé publique, arrêtée au 19 juillet, quarante-deux districts sont en situation d’épidémie, dont vingt-quatre en phase active, c’est-à-dire où le virus circule encore, tandis que dix-huit sont en phase de veille, c’est-à-dire qu’aucun nouveau cas n’y est détecté, mais que la période de surveillance n’est pas encore terminée.
Du 1er janvier au 19 juillet, deux cent vingt-neuf cas ont été confirmés par l’Institut Pasteur de Madagascar, et sept mille deux cent vingt-huit cas l’ont été par lien épidémiologique, c’est-à-dire qu’ils n’ont pas fait l’objet d’analyses biologiques, mais présentaient les mêmes symptômes que la rougeole. « Le faible taux de couverture vaccinale favorise la propagation de la rougeole », explique un responsable du ministère de la Santé publique.
Les enfants décédés à Ambohitsimanavo n’étaient pas complètement vaccinés. Selon les explications des médecins, la rougeole n’entraîne pas, à elle seule, le décès. « La mort survient à la suite de complications qui peuvent apparaître chez les personnes non vaccinées », explique un médecin. Une campagne de vaccination sera déployée en réponse à cette épidémie.
Miangaly Ralitera
