Petitesse

Question à mille balles. Où se trouvent les rues suivantes. Rue Titsy, rue Toera, rue Tsiombikibo, rue Emile Razafimandimby, rue Abraham Razafy, rue Rainitsarovy, rue Marc Rabibisoa, rue Pierre Rapiera, rue Pascal, rue Rakoto de Monplaisir, rue Tinoka R. (tiens), rue Rainitovo, rue Rajakoba, rue Mahafaka, rue Sadiavahy… Bien évidemment, il suffit d’aller sur Google ou dans le Petit Futé pour pouvoir les repérer, du moins en principe, étant donné que certaines n’y figurent pas.

La ville d’Antananarivo a fait l’effort de mettre le nom des rues de la capitale sur une plaque aux couleurs de la mairie, en l’occurrence un fond bleu et une écriture en jaune. L’initiative est en tous points louable, tout comme l’amélioration des abribus. Là où le bât blesse, c’est la dimension des plaques. Un carré de 20 cm sur 20. C’est à peine lisible. Il faut descendre de la voiture pour pouvoir lire surtout quand le nom est du malgache pur et dur, à l’image de Rainiandriamampandry ou du lieutenant 

Randriamaromanana. Pourquoi avoir tondu un œuf pour faire connaître les grandes personnalités de l’histoire aux nationaux et surtout aux touristes. Les noms des rues ne sont pas choisis par hasard. La personne doit avoir fait quelque chose dans sa vie pour être immortalisée sur une plaque, à l’image du Panthéon où sont enterrés les grands écrivains français tels que Émile Zola et Victor Hugo, les philosophes Voltaire et Jean Jacques Rousseau, les scientifiques Pierre et Marie Curie et les figures de la résistance Jean Moulin et Simon Veil. Il y a aussi le musée Grévin où figurent les statues en cire des grandes stars françaises. Le Hall of Fame aux États- Unis a le même principe. Les rues servent donc de repères historiques. C’est la raison pour laquelle en France, les noms des rues ont la dimension d’un encart publicitaire de 4 x 3 m, à l’image du boulevard Haussemann, rue de Rivoli, rue du Chat-qui-pêche, rue de Vaugirard, rue de Charenton…

À Sydney, le nom de l’avenue Saint-Georges est visible depuis la lune. Ici, les plaques se confondent avec celles qui annoncent qu’un site est sécurisé par Cops, Dirickx ou G4S. On imagine la déception quand on a fait un petit exercice pour repérer les rues, étant donné qu’aucune carte de la ville n’est affichée dans les abribus ou sur d’autres supports, comme c’est le cas dans les grandes villes ailleurs.

Les noms des rues ont été pour la plupart malgachisés tels que la rue Gallieni, la rue Robert Ducrocq, la rue Berger, la rue de Nice…Mais il en reste quelques-uns comme la rue de la Réunion, rue de Russie (en attendant celle des États-Unis ou de la Chine), rue Benyowski, avenue Lénine, rue Indira Gandhi, rue de Liège, rue Langue française, rue Mohamed V, rue des 77 parlementaires français (à la place de la rue des 78 députés malgaches ?), rue Eboué. Ils ont certainement une place particulière dans l’histoire du pays. Une raison de plus de voir grand.

Sylvain Ranjalahy

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