MUSIQUE - Tirike concocte son septième album

Plus de trois décennies après avoir révélé le tsapiky au grand public, Tirike annonce la sortie prochaine de Siloke, un septième album qui prolonge l’histoire de son titre emblématique Vinanto.

Tirike en pleine interaction avec son public 

Après plus de trente ans de carrière, Tirike continue de faire vivre le tsapiky. L’artiste malgache finalise actuellement les enregistrements vocaux de son septième album, Siloke, dont la sortie est en préparation. « Siloke signifie “malade” dans la langue du Sud. J’aime utiliser un vocabulaire malgache propre à notre région, avec des mots que beaucoup ne connaissent pas », confie-t-il.

Composé de dix titres, l’album explore principalement le thème de l’amour. Il prolonge notamment l’histoire de Vinanto, la chanson qui a marqué sa carrière il y a trente-quatre ans. « Cet album est la suite de Vinanto, l’histoire d’un homme qui a perdu sa femme et qui se confie à sa belle-famille », explique Tirike.

Né à Ampanihy sous le nom d’Enomeany Augustin Tirike, l’artiste a grandi au cœur de la culture du Sud, une source d’inspiration qui nourrit toujours ses compositions. Autodidacte, il n’a jamais suivi de formation musicale, mais compose en jouant lui-même de tous les instruments avant d’en confier les arrangements à ses collaborateurs. « Tant que je peux chanter, je chanterai. Tant que je peux créer, je créerai», affirme-t-il.

Avant de se consacrer à la musique, Tirike a été joueur de football et a disputé le championnat national durant sa jeunesse. Il rêvait également d’écrire un livre consacré aux réalités sociales de sa région, mais a finalement décidé de se consacrer entièrement à la chanson.

Succès

Son parcours prend un tournant au début des années 1990. Après un premier enregistrement en 1990, son groupe, créé alors qu’il était encore étudiant sous le nom d’Etiaugeno’s Group, présente une maquette au Studio Mars. D’abord refusée, celle-ci est finalement acceptée en raison de son originalité et de la richesse culturelle qu’elle met en avant. La cassette contenant le titre Anao Zay rencontre un immense succès en 1991. Le groupe donne son premier concert en 1993 au Zaza Club, avant de conquérir Antananarivo lors d’un spectacle à Antsahamanitra, le 7 novembre 1994, une date décisive dans sa carrière.

Pionnier du tsapiky sur les grandes scènes, Tirike contribue ensuite à faire rayonner ce genre musical dans les festivals nationaux et internationaux. Finaliste du concours Découverte RFI en 1996, où il reçoit le prix Instrumental, il participe également à la reconnaissance du tsapiky comme patrimoine culturel immatériel. « Nous avons contribué à faire connaître cette musique bien au-delà du Sud grâce à notre participation à de nombreux festivals internationaux», souligne-t-il.

Installé à l’étranger depuis les années 2000, Tirike profite de chacun de ses séjours à Madagascar pour enregistrer en studio, effectuer des tournées et retrouver son public.

Fort de quinze artistes, le groupe Tirike rassemble plusieurs guitaristes, un pianiste, un batteur, des choristes et des danseurs, offrant une formation scénique complète qui contribue à l’identité du tsapiky. Cette semaine encore, il figurait parmi les têtes d’affiche du Famadihana d’Imady, où il est régulièrement invité d’honneur.

En parallèle de sa carrière artistique, Tirike dirige la plateforme Atimo Teako, qui vient en aide aux populations les plus vulnérables du Grand Sud. L’association mène notamment des collectes de fonds pour améliorer l’accès à l’eau potable et soutenir les familles en difficulté. « La musique est mon métier, mais je n’oublie jamais ma région et les personnes qui ont besoin d’aide », conclut-il.

Cassie Ramiandrasoa

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