À l’approche de l’orientation post-baccalauréat, le choix d’une filière constitue un enjeu majeur pour les jeunes. Marcella Julie Rajaonarison, directrice du CIDST à Tsimbazaza, revient sur les réalités du marché du travail.
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| Rajaonarison Marcella Julie, directrice du CIDST. |
Quelles sont aujourd’hui les réalités des secteurs d’études et les domaines professionnels qui offrent les meilleures perspectives d’emploi après le baccalauréat ?
L’arrivée de nombreux jeunes sur le marché du travail intervient dans un contexte marqué par la forte prédominance du secteur informel, ainsi que par le sous-emploi et le chômage des jeunes. Parmi les principales difficultés figurent le manque de formation adéquate et d’expérience professionnelle. L’inadéquation entre les qualifications acquises dans le système scolaire et les besoins réels du marché du travail demeure également un problème majeur.
Quels secteurs présentent actuellement les plus fortes possibilités de recrutement et d’évolution professionnelle à Madagascar ?
Les secteurs qui offrent actuellement les perspectives les plus importantes sont notamment le numérique et les TIC, y compris le Business Process Outsourcing et les centres d’appels, le textile, particulièrement dans les zones franches, le tourisme et l’hôtellerie, ainsi que l’agrobusiness et l’agroalimentaire. Ces domaines offrent des possibilités de recrutement et d’évolution professionnelle aux jeunes disposant de formations adaptées.
Comment un jeune bachelier peut-il choisir une filière qui correspond à la fois à ses compétences, à ses intérêts et aux besoins du marché du travail ?
Le choix doit commencer par une auto-évaluation de ses forces et de ses faiblesses. Le jeune doit ensuite se renseigner sur les besoins réels du marché du travail et sur les différentes possibilités de formation : formations professionnelles ou universitaires, certifications courtes ou autres parcours. Il est également recommandé de solliciter l’accompagnement d’un conseiller en orientation scolaire et professionnelle (COSP), notamment auprès du ministère de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, du projet SESAME ou du CIDST.
Les Salons de l’étudiant et de l’orientation constituent également des occasions importantes pour s’informer directement auprès des établissements et des professionnels. Organisés par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, à travers le CIDST et la Direction générale de l’enseignement supérieur, ces salons réunissent des universités publiques et privées ainsi que des établissements disposant d’une habilitation. À Antananarivo, le prochain Salon de l’étudiant se tiendra les 27, 28 et 29 août au lycée J.-J. Rabearivelo. Des rendez-vous régionaux sont également prévus, notamment à Toamasina les 28 et 29 août devant la mairie, puis à Toliara les 17, 18 et 19 septembre.
Les jeunes peuvent également se rapprocher des services d’orientation du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (MESUPRES), des universités, de la DGES et du CIDST, ou échanger directement avec des professionnels en activité.
Quels nouveaux métiers ou secteurs émergents devraient particulièrement attirer l’attention des jeunes bacheliers dans les prochaines années ?
Le numérique et les TIC, le textile, le tourisme et l’hôtellerie, ainsi que l’agrobusiness et l’agroalimentaire restent des secteurs à surveiller. D’autres domaines nécessitant des formations supérieures présentent également des perspectives, notamment les mines, le BTP et la construction, la santé, le commerce et la grande distribution, la logistique ainsi que les énergies renouvelables.
Quels conseils donneriez-vous aux bacheliers qui hésitent entre une filière très demandée sur le marché du travail et une formation correspondant davantage à leur passion ?
Il faut éviter les choix extrêmes. Une filière choisie uniquement par passion, sans débouchés suffisants, peut conduire au sous-emploi ou à une reconversion coûteuse. À l’inverse, une formation choisie uniquement parce qu’elle est recherchée sur le marché, sans réelle motivation, peut entraîner l’abandon, la démotivation, de faibles performances ou encore un épuisement professionnel. Les jeunes qui réussissent le mieux sont ceux qui trouvent une intersection entre les deux, ou qui construisent progressivement un pont entre eux. Je recommande également de ne pas suivre exclusivement les conseils de l’entourage ni de céder à la pression sociale. Un choix qui n’est pas réellement assumé peut conduire à l’échec. Faire un bilan d’orientation et solliciter un accompagnement professionnel restent donc essentiels pour permettre à chaque bachelier de construire un parcours cohérent avec ses capacités, ses intérêts et les réalités du marché de l’emploi.
Cassie Ramiandrasoa
