Quel contraste ! Une grande partie de l’Europe vit sous une canicule insupportable depuis quelques jours. C’est aussi le cas dans quelques pays d’Asie, alors qu’en Amérique centrale, les matchs de football lors de la Coupe du monde ont dû être entrecoupés de deux pauses fraîcheur à cause de la chaleur suffocante, même dans la plupart des stades américains pourtant climatisés. Des incendies difficiles à maîtriser ont ravagé des régions françaises et espagnoles à cause de la chaleur. De l’autre côté, plusieurs pays subissent des inondations inhabituelles et meurtrières, aussi bien aux États-Unis qu’en Chine, en Inde et en Europe. Le typhon Noul a balayé la Chine et Hong Kong.
Dans les deux cas, l’homme est impuissant face aux agressions de la nature, qui sont d’ailleurs les conséquences des bêtises humaines. Ce sont les fruits non comestibles du réchauffement climatique. Le globe est en train de s’intervertir. Les signes sont assez forts pour interpeller le monde. Plusieurs pays souffrent de la sécheresse et du manque d’eau. Quand le Danube, qui traverse dix pays européens, se trouve à un niveau jamais atteint depuis un demi-siècle, il y a lieu de s’inquiéter. Il en va de même du Rhin. Ce qui hypothèque le transport de matières premières pour la chimie, la métallurgie et l’énergie, que le transport terrestre ne pourra pas supplanter. Déjà, le tonnage des bateaux naviguant sur le Rhin et reliant plusieurs pays a dû être considérablement réduit.
Même le niveau du fleuve Jourdain, où Jésus a été baptisé, selon les Écritures saintes, ne bénéficie pas de la bénédiction divine contre la sécheresse.
En Afrique, le lac Tchad est passé de 26 000 kilomètres carrés en 1963 à 1 600 kilomètres carrés aujourd’hui. Le bassin du fleuve Congo se tarit progressivement.
Dans l’océan Indien, tous les pays connaissent un problème d’eau. À Madagascar, la plupart des abonnés de la Jirama sont sevrés d’eau depuis une décennie. Comme solution, la compagnie nationale des eaux et de l’électricité va effectuer un contrôle systématique des compteurs. On ne peut pas être plus génial.
Aux Comores, l’eau n’arrive qu’une fois toutes les trois semaines, alors qu’à Maurice, le robinet est à l’arrêt deux heures par jour. À La Réunion, des communes sont totalement privées d’eau, tandis que l’arrosage et le lavage des voitures sont limités. À Mayotte, les habitants subissent des tours d’eau depuis des années, avec une baisse notable des précipitations. Le cyclone Chido, en 2024, a apporté plus de problèmes qu’il n’en a résolu.
Aux Seychelles, l’eau est rationnée et les habitants subissent des coupures nocturnes. Ce qui a un sérieux impact sur le tourisme, principale source de revenus de l’archipel.
Le paradoxe, dans toutes ces situations, c’est qu’il s’agit d’îles entourées d’eau. Seules les Seychelles disposent d’une usine de dessalement, mais sa capacité est loin de répondre à la demande.
À Madagascar, un système du même type a été mis à l’essai à Ambovombe, mais l’opération n’a pas eu de suite.
Résultat des courses, beaucoup d’expressions vont devenir obsolètes, telles que « de l’eau a coulé sous les ponts », « l’eau, c’est la vie », « se jeter à l’eau », « jeter le bébé avec l’eau du bain » et « sortir la tête de l’eau ». Celle qui va rester, c’est « eau secours ».
Sylvain Ranjalahy