FILIÈRE ORGE - Des paysans contraints de baisser leur production

La filière orge fait vivre des milliers de paysans depuis 30 ans.

Depuis plusieurs mois, les producteurs d’orge rencontrent des difficultés qui les contraignent à baisser leur production. À Manandriana, plusieurs d’entre eux ont réduit leurs surfaces cultivées. « Auparavant, je cultivais 30 ares. Aujourd’hui, je suis obligé de réduire ma superficie à 10 ares, en raison de la baisse de la production que nous obtenons, nous les producteurs », confie Andriamangazafy Mamy Rolland. Il y fait pousser de l’orge en contre-saison du riz depuis près de 30 ans. Cette filière, essentielle aux habitants de la région, traverse une période difficile, en raison de la fiscalité.

La hausse progressive des droits d’accises sur la bière, depuis 2024, a provoqué une contraction des commandes et, de facto, la baisse du prix de l’orge. L’État malgache a initié, en 2024, une hausse générale des droits d’accises sur les boissons alcoolisées. Une surtaxe minimale d’au moins 100 ariary par litre a été introduite. Cette année, dans la loi de finances initiale, la pression fiscale s’est durcie avec la fixation d’un montant plancher de 850 ariary par litre pour la bière de malt titrant à 4° ou moins. 

Situation préoccupante

Avec la loi de finances rectificative, face aux cris d’alarme répétés des industriels et des associations de paysans dont la collecte d’orge baissait, le gouvernement a fait marche arrière. Le montant plancher a été ramené à 750 ariary par litre pour la bière de malt à 4° ou moins.

Malgré cette mesure, la situation continue de préoccuper les producteurs. Une grande partie a délaissé cette culture pour d’autres productions plus rentables. Selon les données collectées, entre 2025 et cette année, le nombre de producteurs est passé de 20 000 à 15 000. Le nombre de producteurs a ainsi diminué de 5 000, un nombre qui pourrait encore continuer à baisser. « Ce que nous craignons, si la situation continue et que nous n’aurons plus suffisamment de travail, c’est que les actes de banditisme qui nous préoccupent tant, nous les agriculteurs des zones rurales, reprennent le dessus dans notre région », poursuit Mamy Rolland Andriamangazafy. 

Fenonantenaina Honoré Patrick, maire de la commune d’Anjoma Manandriana, confirme que « les habitants de la commune ont commencé à cultiver l’orge en 1996, soit depuis 30 ans maintenant. Aujourd’hui, 90 % de la population vit de la culture de l’orge ». 

Mais cette baisse progressive des commandes et de la consommation pourrait avoir un impact direct sur les principaux producteurs. Les boissons alcoolisées représentent l’une des ressources fiscales indirectes les plus stables pour combler le budget général de l’État.

Itamara Otton

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