FIER MADA - L’huile locale gagne du terrain

L’Huilerie d’Anjozorobe poursuit sa montée en puissance grâce au projet  ODOF. Sa production d’huile d’arachide et de soja progresse, tandis que ses produits gagnent progressivement le marché national.

L’huilerie d’Anjozorobe produit près de 7 000 litres d’huile par mois.

Deux ans après sa création grâce au projet ODOF ou « One District One Factory », l’Huilerie d’Anjozorobe enregistre une progression de sa production et élargit sa présence sur le marché malgache. Ses huiles d’arachide et de soja sont désormais commercialisées dans plusieurs régions du pays, aussi bien dans les épiceries que dans les grandes surfaces.

L’entreprise produit aujourd’hui près de 7 000 litres d’huile par mois, contre seulement 250 à 500 litres à ses débuts. Une évolution qui témoigne d’une meilleure acceptation des produits locaux par les consommateurs. 

« Au lancement, il était difficile de convaincre les clients d’adopter une huile fabriquée à Madagascar, car ils étaient habitués aux produits qu’ils utilisaient au quotidien. Aujourd’hui, ceux qui l’ont essayée continuent de l’acheter », explique Jean Honoré Rahajarimanana, responsable de l’usine.

L’huilerie transforme chaque mois plus de 18 tonnes de graines, principalement de l’arachide, pour fabriquer ses huiles, commercialisées à 13 000 ariary le litre. Selon le responsable, ces produits sont appréciés pour leur qualité, leur transparence ainsi que pour leur rendement en cuisine, qui permet aux ménages d’en utiliser une moindre quantité.

Défi

L’approvisionnement repose sur un partenariat avec les agriculteurs et les coopératives du district d’Anjozorobe. L’entreprise accompagne également les producteurs en leur fournissant des semences adaptées afin d’obtenir des variétés d’arachides répondant aux exigences de la transformation. Toutes les graines ne pouvant être utilisées pour la fabrication d’huile, une attention particulière est accordée à la qualité des matières premières.

Au-delà de la production, l’initiative contribue au développement économique local. En achetant directement les récoltes auprès des producteurs, l’huilerie leur offre un débouché plus avantageux que le système de collecte traditionnel. L’activité mobilise près de deux cents personnes, entre agriculteurs, collecteurs, livreurs et employés de l’usine.

Le projet ODOF a permis l’acquisition d’une presse à huile, toujours en service. L’entreprise a ensuite investi dans d’autres équipements, notamment pour le filtrage, l’embouteillage et le conditionnement, afin d’améliorer la qualité de ses produits.

Malgré cette évolution, l’approvisionnement en matières premières demeure un défi. Les exportations d’arachides peuvent réduire la disponibilité des graines sur le marché local et compliquer la production. L’entreprise entend néanmoins poursuivre son développement en s’appuyant sur son réseau de producteurs et sur une demande croissante pour les huiles fabriquées localement.

Fanilo Mampianintsoa

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