La plupart des enfants des anciens pilotes du pays suivent les traces de leurs parents respectifs. La bataille est depuis quelques années entre une nouvelle génération.
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| L’équipage père et fille, Tahina et Fitia Razafinjoelina, vainqueur de l’équipage mixte au Rallye du Boeny. |
Une famille passionnée du sport automobile. Le rallye a une place importante dans l’éducation pour Tahina Razafinjoelina et sa famille. « Le résultat n’est toujours pas le plus important pour nous, le rallye nous rend plus confiants et nous arrivons à surpasser notre peur en le pratiquant (...) Maintenant, avec ma fille, je suis plus prudent même si je veux lui offrir la victoire en même temps », a souligné Tahina Razafinjoelina, champion national en 2018.
Après quelques saisons de pause, ce pilote du club ASACM a fait un come-back cette saison aux côtés de sa fille Fitia lors des trois premières manches déjà disputées. Cet équipage père et fille sur Subaru terminait à la cinquième place au général et vainqueur dans la catégorie mixte au 19e Rallye vacances du Boeny, comptant pour la troisième manche du championnat de Madagascar. Il talonnait les élites actuelles comme Fred Rabekoto sur Mitsubishi Yas, Olivier Ramiandrisoa au volant d’une Mitsubishi Evo X, Aro Kiady Rajemison sur Subaru STI R4 et le sextuple champion national, Mathieu Andrianjafy sur Subaru M12.
La paire Tahina-Fitia occupait la place de dauphine dans la classe M12. Déjà championne en karting, Fitia était, quant à elle, sacrée meilleure copilote jeune et féminine. « Certes, le stress est inévitable au départ de la première spéciale, et c’est le cas aussi des pilotes chevronnés. J’encourage mes enfants à surpasser leur peur qui est aussi valable et efficace dans la vie quotidienne. Quatre ou cinq rallyes suffisent pour elles de bien intégrer ce monde », a confié Tahina Razafinjoelina.
Relève
« Je déconseille ainsi aux passionnés de la vitesse les courses sauvages. C’est l’une des raisons de mon choix de faire le rallye, là je peux avoir ma dose d’adrénaline rare dans la vie que je ne trouverai jamais nulle part ailleurs. Je roulais à 200 km/h sur la spéciale bien rénovée d’Antsanitia (...) J’ai déjà fait une dizaine de tonneaux mais je suis toujours là car on est sécurisé pour ne dire qu’il y a six ceintures pour le pilote et le copilote contre une seule dans notre voiture au quotidien », a-t-il argumenté.
Tahina a débuté en tant que copilote vers 2010 et pendant deux ans avec Anders ou aussi Mamy Kely. Il avait par la suite pris le volant avec plusieurs copilotes comme Tahiana « Dupont », Ranto « Ambondrona », Andry Tahina, Tojo Raben, sa femme et sa fille aînée Fitia depuis cette saison. « Sa petite sœur âgée de 18 ans va bientôt me rejoindre pour les prochaines manches », a mentionné Tahina. « À 48 ans, cette saison sera peut-être ma dernière, laissons la place aux jeunes (...) Il ne faut pas sous-estimer le niveau de nos pilotes car ils ont l’avenir devant eux, certains excellent ces dernières années en France, et un champion du monde, Didier Auriol, s’est dit séduit du niveau de nos pilotes. Il faut ainsi encourager ces jeunes », a-t-il précisé.
Tel père, telle fille, Fitia, âgée de 20 ans, prépare l’an prochain son Master en informatique. Passionné depuis toujours du tennis, Tahina a dû se contenter depuis quelques années de le pratiquer en guise d’entretien après des fractures à la jambe. « Le rallye est un sport qui nécessite une très bonne condition physique et une bonne santé, entre autres une bonne vue, les bras et les jambes devraient être en parfaite santé pour pouvoir conduire une voiture rallye (...) Nous travaillons souvent le cardio et pour l’entraînement, nous avons à la maison la simulation virtuelle car nous ne faisons jamais d’essai réel pour éviter les accidents, sauf des fois sur une terre pleine sans risque », a-t-il précisé. Le rallye est une passion commune pour cette famille, « mais le travail et les études passent avant tout », a-t-il conclu.
Serge Rasanda
