ÉDUCATION - La rentrée scolaire contraint les parents à s’endetter

À l’approche de la rentrée scolaire 2026-2027, la hausse des dépenses liées à la scolarité pèse sur le budget de certaines familles. Faute de ressources suffisantes, des parents ont recours à l’emprunt pour financer les inscriptions, les frais de scolarité et les fournitures.

Des fournitures scolaires inondent le marché.

Devant une banque où elle devait récupérer un transfert d’argent envoyé depuis l’étranger, une mère de famille a patienté pendant près d’une heure, hier. La somme lui a été prêtée par une proche résidant en France. « Nous lui avons emprunté de l’argent car nous n’avons pas réussi à réunir les sommes nécessaires pour scolariser nos enfants cette année. Le coût des droits d’inscription, des frais de scolarité du mois de septembre et des fournitures scolaires a augmenté. Pour nos deux enfants, nous devons trouver 700 000 ariary, ce qui dépasse largement nos moyens », témoigne Joany Famenosoa, parent d’élève.

À quelques jours de la rentrée, certains élèves ne sont toujours pas inscrits. 

« Les inscriptions au niveau de notre établissement sont normalement déjà terminées. Mais il y a des parents qui demandent du temps pour payer les frais », indique un responsable d’une école privée. Certains établissements ont mis en place des facilités de paiement, notamment en permettant le règlement des droits d’inscription en plusieurs fois. « Mais même avec cette mesure d’accompagnement, des parents n’ont pas encore payé les frais d’inscription », poursuit la même source.

Les difficultés rencontrées s’inscrivent dans un contexte de hausse du coût de la vie. « Avec l’augmentation constante du coût de la vie et des salaires qui stagnent, nos revenus ne suffisent plus à couvrir les besoins essentiels, dont la scolarisation », explique Valisoa R., employée dans une entreprise privée.

Affluence élevée

Face à ces besoins, certaines banques proposent des crédits destinés au financement de la rentrée scolaire. « Plusieurs clients viennent spécifiquement pour souscrire un crédit scolaire », indique une source bancaire, sans préciser le nombre de demandes enregistrées. Selon une autre source bancaire, le taux d’intérêt proposé est « généralement de l’ordre de 2 %, remboursable en six mois ».

Pour les familles concernées, la scolarisation demeure une dépense prioritaire. « L’éducation est la seule chance pour nos enfants de sortir de la pauvreté », estime Kennedy Ramambason, père de famille ayant lui-même contracté un emprunt.

Le recours au crédit comporte toutefois un risque supplémentaire pour les ménages dont le budget est déjà contraint. Un économiste appelle ainsi les parents à évaluer leur capacité de remboursement avant de s’endetter. Il estime qu’une accumulation de charges financières pourrait accentuer leurs difficultés dans les prochains mois. Il souligne également la nécessité de contenir l’inflation afin d’éviter une nouvelle dégradation du pouvoir d’achat pendant la période de remboursement des crédits.

Miangaly Ralitera

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