CONCERT - Dina Mialinelina conjugue racines et modernité

Dina Mialinelina retrouve le public malgache  avec son groupe Ako à La Teinturerie.

Après plusieurs années entre Madagascar et la France, Dina Mialinelina est revenue avec une énergie nouvelle. Ce vendredi à La Teinturerie, l’artiste a retrouvé le public malgache pour son premier concert depuis sa participation comme finaliste du Prix Découvertes RFI en 2025. Un retour très attendu, marqué par une forte participation du public et par un répertoire entièrement porté par ses propres compositions.

Le répertoire présenté repose essentiellement sur ses compositions. Parmi elles, « Soamiranga » et « Rakemba » occupent une place particulière pour le public. « Soamiranga » aborde notamment l’émancipation de la femme dans la société, tandis que «Rakemba», qui évoque une grand-mère aux cheveux blancs, met en avant une femme âgée mais dont «l’esprit reste très jeune». Ces titres ont particulièrement retenu l’attention du public, certains spectateurs demandant même à les entendre à nouveau plusieurs fois.

À travers ces créations, Dina cherche à faire dialoguer les racines malgaches avec une écriture contemporaine. Son style associe ainsi des éléments de musique malgache à des sonorités modernes, sans renoncer à la langue et aux histoires de son pays. « Je continue toujours à écrire des histoires en malgache, même lorsque je voyage à travers le monde », affirme-t-elle.

Évolution

Sur scène, Dina Mialinelina était accompagnée par son groupe : Harty Andriambelo à la basse, Kevy Rakotoarivelo à la batterie, Julie Ratefy au clavier et Tsanta Nasandratra aux chœurs. À la guitare et au chant, l’artiste a présenté un univers construit autour de la musique malgache, de la modernité et d’une énergie qu’elle dit avoir davantage développée au fil de ses expériences à l’étranger.

« L’expérience, je l’ai beaucoup enrichie et je l’ai beaucoup acquise », explique-t-elle. Installée en France depuis décembre 2023, Dina multiplie les projets artistiques. À l’étranger, elle ne se limite pas à la musique : elle joue la comédie, danse et écrit également pour le théâtre. Ces différentes pratiques nourrissent aujourd’hui sa manière d’être sur scène. Elle évoque notamment l’expérience des festivals itinérants, qui lui a permis de développer « une énergie plus forte, plus feu ».

Cette évolution s’est ressentie dans sa prestation à La Teinturerie. Le public, composé de différentes générations, notamment de spectateurs de 30 ans et plus, a largement participé au spectacle. « Il y avait du bonheur, il y avait de la lumière », raconte Dina, qui retient également le fait que «tout le monde dansait». Pour elle, retrouver son pays après plusieurs expériences à l’extérieur possède une dimension particulière : «C’est différent de rentrer à la maison.»

Dina Mialinelina a découvert la musique à 17 ans auprès du musicien Mamy Ralaivita. Autodidacte, elle rejoint en 2008 la compagnie Ry Mialy de Mialy Rajhonson, où elle reste douze ans comme comédienne et chanteuse. Elle explore ensuite le rock, le jazz, la variété française et le lyrique.

Cassie Ramiandrasoa

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