CHRONOGRAMME DE LA REFONDATION - Le chef de l’État annonce une élection pour juillet 2027

Durant sa rencontre avec son homologue sud-africain, Cyril Ramaphosa, qui est aussi le président par intérim de la SADC, hier, le chef de l’État a fixé un premier rendez-vous électoral. Rappelant le chronogramme de la Refondation, il annonce un premier scrutin pour juillet 2027.

Poignée de main entre le colonel Michaël Randrianirina et Cyril Ramaphosa, hier, à Durban, Afrique du Sud.

C’est dit. La première échéance électorale sera pour juillet 2027, sauf bouleversement de programme. Le colonel Michaël Randrianirina, chef de l’État, en a fait part à son homologue sud-africain, Cyril Ramaphosa, hier, à Durban, durant leur rencontre en marge du Sommet de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC).

Selon le communiqué de la présidence de la Refondation de la République, le locataire d’Iavoloha « a rappelé » cette première échéance électorale, en abordant la question du chronogramme inscrit dans le document portant le titre 

« Programme de la Refondation de la République ». Ce document, qui a été remis à la SADC le 28 février, trace les différentes étapes du processus de refondation, sur un délai de vingt-quatre mois, à partir de janvier dernier.

Selon le chronogramme de la Refondation, cette première échéance électorale dont le colonel Randrianirina a fait part à son homologue sud-africain devrait être un référendum ou une élection constitutionnelle. Après, le document remis à la SADC prévoit aussi qu’une élection présidentielle, avant décembre 2027, devrait s’ensuivre. Cependant, le communiqué de la présidence ne précise pas la nature exacte du scrutin annoncé par le chef de l’État.

De prime abord, mettre l’accent sur ce premier rendez-vous électoral est une manière de rassurer l’organisation régionale, via son président par intérim, sur la volonté des autorités malgaches de tenir leur engagement. Par ailleurs, avec ce « rappel » fait par l’officier supérieur à Durban, le calendrier politique commence à se préciser. L’annonce d’une élection en juillet 2027 pourrait constituer, à ce stade, un repère temporel.

Jusqu’à l’heure, en effet, la concertation nationale semble dans le brouillard. Au début de la transition, il a pourtant été indiqué que c’est la concertation nationale qui allait définir le contour politique, le cadre juridique et la structure institutionnelle du processus de refondation et des élections qui conduiront au retour à l’ordre constitutionnel. La concertation nationale dont la conduite a été confiée au Conseil œcuménique des Églises chrétiennes de Madagascar (FFKM).

Dialogue politique

Selon le communiqué de la Présidence, durant sa rencontre avec Cyril Ramaphosa, hier, le colonel Randrianirina a indiqué que le village Voara, à Andohatapenaka, est aménagé pour accueillir le siège du FFKM, durant le processus de concertation nationale. Cependant, depuis la publication d’un calendrier sommaire des différentes étapes de cette concertation, en juillet, l’institution ecclésiale n’a plus fait de point de situation sur le sujet.

Dans ce calendrier qu’il a donné, le FFKM a pourtant indiqué que la concertation nationale devrait démarrer concrètement en ce mois d’août. Les Églises ambitionnent d’autant plus de mener la concertation à partir des Fokontany, puis au niveau des communes et des régions, avant de terminer au niveau national. Mais le temps joue contre elles. Chaque retard sur le planning préétabli risque de se répercuter sur les engagements étatiques au sujet des échéances électorales.

En attendant, le locataire d’Iavoloha a mis en avant la tenue de la concertation des jeunes dont les résolutions auraient été remises au FFKM, durant la rencontre à Durban. Il a également souligné une démarche d’apaisement politique et de réconciliation, en prenant l’exemple de sa réconciliation avec le député Philobert Mila Vonjy, à Ambovombe, samedi. Ce dernier étant le chef de l’opposition parlementaire.

Néanmoins, à s’en tenir aux discours politiques depuis le début de la transition, la concertation nationale est l’axe fort du processus de refondation. Dans le document intitulé « Programme de la Refondation de la République », son caractère souverain est souligné. Le communiqué de la présidence indique, toutefois, que le chef de l’État a noté que « la concrétisation des projets de la refondation se poursuivra même après l’élection [en référence à l’élection de juillet] ».

Il pourrait toujours être une manière de rassurer le président par intérim de la SADC sur le fait qu’un éventuel retard sur le timing de la concertation nationale ne remettrait pas en cause les échéances électorales. La missive de l’institution présidentielle ajoute en effet que le colonel Randrianirina a également fait part de son initiative de « consultation politique afin d’avancer dans l’organisation des élections ».

Selon les explications du locataire d’Iavoloha lors de la clôture de la concertation des jeunes, ces consultations sont les préludes d’un dialogue politique. Une démarche qui se tiendra en parallèle à la concertation nationale et dont l’objectif serait d’établir une condition politique propice à des élections apaisées et acceptées de tous. Il semble que les règles du jeu des élections pourraient y être définies également.

Pour sa part, Cyril Ramaphosa a aussi voulu rassurer son homologue malgache, à s’en tenir au communiqué de la présidence. Le président sud-africain aurait ainsi souligné que « seuls les chefs d’État reconnus par la SADC sont conviés au Sommet ».

Garry Fabrice Ranaivoson

Enregistrer un commentaire

Plus récente Plus ancienne