La 7e édition du Festival 321, baptisée « Dihy sy Tantara », rassemble de jeunes créateurs, des artistes internationaux et des professionnels autour de la danse contemporaine.
![]() |
| Les artistes réunis pour la 7ᵉ édition du Festival 321, qui met à l’honneur la danse contemporaine dans toute sa splendeur. |
La danse contemporaine malgache prend une nouvelle dimension avec la 7e édition du Festival 321, organisée par la Compagnie Rary jusqu’au 16 août. Durant sept jours, 34 spectacles, des ateliers, des conférences et des expositions artistiques investissent plusieurs lieux culturels de la capitale, avec un même objectif : accompagner la création chorégraphique et rapprocher cette discipline du public.
Créé par la Compagnie Rary, le Festival 321 s’est imposé depuis plus d’une décennie comme une plateforme consacrée à la création chorégraphique contemporaine. Son nom fait référence aux formats accompagnés à ses débuts solo, duo et trio auxquels s’ajoutent désormais des créations de groupe. Cette année, le programme compte ainsi 12 solos, 13 duos et 6 trios et plus, présentés par de jeunes créateurs, des compagnies invitées et des artistes venus de l’étranger.
Le programme comprend également des workshops destinés aux danseurs et chorégraphes, ainsi que des conférences réunissant professionnels malgaches et étrangers autour des enjeux de la création chorégraphique. Deux propositions artistiques complètent le programme : l’exposition « Dihy Soratra Soradihy » et l’installation « Fa’Style ».
Histoire personnelle
Plusieurs artistes internationaux participent à cette édition, parmi lesquels Farid Abdoul El Fatah des Comores, Marie Christabelle Natalia Bayroo et Jerry Kursley de Maurice, ainsi que Gwen Rakotovao de Suède. Leur présence favorise les échanges entre les scènes chorégraphiques malgache, régionale et internationale.
Les activités se déroulent notamment à Tahala Raharihasina, au Tiers Lieu Maison Mahatazana, au Tranompokon’olona Analakely, à la Bibliothèque Municipale et à la Cité des Cultures.
Pour Ariry Andriamoratsiresy, fondateur de la Compagnie Rary : « Le choix de la danse est avant tout une histoire personnelle ». Son parcours s’est construit autour de différentes influences, de la danse afro-moderne et du jazz aux pratiques corporelles asiatiques, en passant par la kinésiologie. Il s’intéresse particulièrement à la manière dont le corps construit le mouvement, mais aussi à l’improvisation et à la créativité individuelle.
Le thème « Dihy sy Tantara » s’inscrit dans cette démarche. Il explore les émotions personnelles, les expériences vécues aujourd’hui et le rapport à l’histoire. « L’histoire doit aussi être un outil d’apprentissage », souligne en substance Ariry Andriamoratsiresy, qui insiste sur la nécessité de permettre aux jeunes de s’approprier leur histoire et leur culture à travers la création chorégraphique.
« La danse contemporaine peut partir d’inspirations traditionnelles ou modernes, mais elle se construit surtout à partir d’une histoire personnelle que l’artiste transforme en langage scénique », explique-t-il. L’un des défis reste toutefois de rendre cette discipline plus proche du public. Longtemps associée aux rencontres chorégraphiques internationales et à une pratique perçue comme éloignée du quotidien, elle doit désormais retrouver une place auprès d’un public plus large, notamment à travers l’éducation et les initiatives parascolaires.
Pour Ariry Andriamoratsiresy, cette dynamique repose aussi sur une volonté collective. Il s’agit de faire vivre la création artistique localement, tout en ouvrant des passerelles avec l’extérieur et en permettant aux artistes de bénéficier de conditions favorables à leur formation et à leur création.
Cassie Ramiandrasoa
