REMBLAIS ILLICITES - Les propriétaires du terrain et des camions identifiés

Le face-à-face gouvernement-députés de vendredi a été marqué par la mise au point ferme du ministre de l’Aménagement du territoire sur le scandale des remblais illicites à Alasora.

Le général Lylyson René de Rolland, ministre de l’Aménagement  du territoire et des Services fonciers, à l’Assemblée nationale, vendredi.

À la suite des remblaiements illicites constatés en flagrant délit par le chef de l’État, le colonel Michaël Randrianirina, à Alasora la semaine dernière, le général Lylison René de Rolland, ministre de l’Aménagement du territoire et des Services fonciers, a interpellé son homologue de la Sécurité publique. 

« Si l’enquête avance bien, les responsables de ce remblaiement illicite devraient être démasqués», a-t-il déclaré au ministre de la Sécurité publique, vendredi, lors de la séance de questions-réponses à l’Assemblée nationale, à Tsimbazaza.

Le ministre a affirmé que « les propriétaires du terrain ainsi que ceux des camions ayant transporté les remblais sont connus ».

Cette affaire s’ajoute à une longue série de remblaiements illicites déjà recensés. Si des mesures administratives, telles que la saisie de matériel et l’imposition d’amendes, ont été appliquées par le passé, elles n’ont pas suffi à endiguer le phénomène. Ces sanctions n’ont pas non plus permis de remonter jusqu’aux éventuels complices haut placés. 

Inflexible

Le ministre de l’Aménagement du territoire et des Services fonciers insiste sur le fait que ce remblaiement est illicite. « Aucune autorisation n’a été délivrée par le ministère de l’Aménagement du territoire. Par conséquent, ces travaux de remblai sont totalement clandestins », indique-t-il.

Le ministère de l’Aménagement du territoire et des Services fonciers dit rester inflexible sur les travaux qui menacent le Grand Tanà. « Les remblayages entraînant des inondations ne seront pas autorisés. Aucun remblai de terrain susceptible de causer des inondations ne sera validé à Antananarivo », a déclaré le général Lylison René de Rolland.

L’objectif de l’interdiction de remblayage en 2022 était d’éviter les inondations dans le Grand Tanà. Cette interdiction a été levée partiellement au mois de mai. « Le décret que nous avons proposé vise à ne pas freiner le développement. Ainsi, seuls les remblayages destinés à la construction d’usines ou d’habitations, ainsi que le rehaussement des terrains constructibles, pourront obtenir une autorisation», a expliqué le ministre aux parlementaires.

L’octroi d’une autorisation administrative repose sur une procédure stricte. Des techniciens sont dépêchés sur site pour en évaluer les spécificités, en se penchant particulièrement sur les réseaux d’assainissement et d’évacuation des eaux. Ce n’est qu’à l’issue de cette expertise, et sur la base de leurs recommandations, que le ministère tranchera.

Miangaly Ralitera

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