La Ceni prévoit d’inscrire entre treize et quatorze millions d’électeurs lors de la refonte de la liste électorale. L’opération vise à fiabiliser le registre avant les prochaines échéances.
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| Thierry Rakotonarivo, président de la Ceni, explique le déroulement de la refonte de la liste électorale, hier à Alarobia. |
Entre treize et quatorze millions de personnes seront inscrites sur la nouvelle liste électorale.» C’est l’objectif affiché par Thierry Rakotonarivo, président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), lors d’une concertation organisée hier au siège de l’institution à Ivandry. Dans une ambiance d’échanges constructifs, les représentants des partis politiques, des organisations de la société civile, des médias et d’autres acteurs concernés ont débattu des modalités de la refonte de la liste électorale, un chantier d’envergure destiné à remplacer le registre actuel.
Cette refonte intervient dans un contexte marqué par de nombreuses irrégularités relevées dans l’ancienne liste électorale, notamment la présence de doublons et d’autres incohérences. L’institution, souvent critiquée et remise en cause, fait face à des interrogations sur son fonctionnement et sa crédibilité. Ses membres sont actuellement au complet, à l’exception du représentant du Sénat, cette institution n’étant plus en place. « Dès notre prise de fonction, nous avons fait de l’élaboration d’une liste électorale fiable et assainie notre priorité », a déclaré Thierry Rakotonarivo, rappelant que la crédibilité de l’institution sera évaluée à l’aune des résultats de ce travail.
Le décret portant refonte de la liste électorale a été publié le 13 avril 2026. L’opération devrait durer entre douze et vingt-quatre mois. Le recensement des électeurs débutera le 28 juillet 2026, tandis que la nouvelle liste devrait être finalisée le 25 avril 2027. La période d’inscription s’étalera sur quatre mois.
Cinq modes
Afin d’atteindre cet objectif de quatorze millions d’électeurs, la Ceni prévoit cinq modes de recensement : les visites à domicile, les inscriptions auprès des fokontany, les opérations dans les lieux les plus fréquentés, l’inscription en ligne ainsi que les inscriptions effectuées par les primatas.
La nouvelle liste électorale sera établie à partir des fokontany. Des Comités locaux de recensement des électeurs (CLRE) seront mis en place dans chaque localité. Ils seront notamment composés de représentants des fokontany chargés de valider les inscriptions, tandis que des observateurs désignés par les partis politiques suivront le processus afin d’en garantir la transparence.
Interrogé sur l’éventuelle mise en place d’une carte électorale biométrique, du vote électronique ou d’une liste électorale intelligente, Thierry Rakotonarivo a précisé que « cette refonte reposera sur une liste électorale alphanumérique. La biométrie n’est pas encore prévue pour cette opération ».
Financée par un budget de 34 milliards d’ariary, entièrement pris en charge par l’État, l’opération suscite également l’intérêt de plusieurs partenaires techniques et financiers.
« Ce financement est suffisant pour réaliser l’ensemble de la refonte dans le calendrier fixé. Toutefois, nous n’empêcherons pas les partenaires qui souhaitent accompagner Madagascar de contribuer à cette opération », a affirmé Thierry Rakotonarivo, précisant que plusieurs pays ainsi que le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) ont déjà manifesté leur volonté d’apporter leur appui.
La Ceni entend conduire cette refonte autour de trois principes : le respect de la loi, la transparence et la participation citoyenne. Depuis 2019, près de cinq millions d’électeurs ont été inscrits sur la liste électorale. L’objectif est désormais de disposer d’un registre plus fiable, plus exhaustif et expurgé des doublons avant les prochaines échéances électorales.
Ihariana Sarobidy
