Vingt-quatre chercheurs malgaches sillonnent les eaux de la zone économique exclusive de Madagascar. Études, collecte de données, observations et analyses rythment cette campagne scientifique.
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| Une partie de l’équipe célébrant la fête nationale à bord du navire d’expédition scientifique norvégien « Dr Fridtjof Nansen ». |
Ils sont embarqués pour encore deux mois à bord d’un navire de recherche océanographique. Les vingt-quatre chercheurs malgaches représentent le ministère de la Pêche et de l’Économie bleue, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, à travers l’Institut halieutique et des sciences marines (IHSM) de l’université de Toliara, le Centre national de recherches océanographiques (CNRO) de Nosy Be, ainsi que l’université de l’Anôsy.
Cette campagne est menée dans le cadre du programme EAF-Nansen, mis en œuvre par la FAO, en étroite collaboration scientifique avec l’Institut norvégien de recherche marine (IMR) et avec le soutien financier de l’Agence norvégienne de coopération au développement (Norad).
« Les chercheurs évalueront, entre autres, la biomasse des poissons pélagiques et démersaux,mesureront des paramètres biologiques essentiels et caractériseront les conditions océanographiques des eaux malgaches », explique Aina Le Don Nomenisoa, docteur en sciences marines et l’un des représentants de l’IHSM à bord du navire de recherche.
Itinéraire
La mission permettra également d’étudier le plancton, de documenter les effets de la pollution marine, ainsi que d’observer les mammifères et les oiseaux marins, afin d’améliorer les connaissances sur la biodiversité océanique.
Pendant les deux mois d’expédition, la campagne est divisée en deux missions distinctes. Onze chercheurs longeront la côte ouest de Madagascar, depuis Antsiranana et Nosy Be, avant de poursuivre leur navigation vers le Sud et de rejoindre l’île Maurice.
« L’autre équipe, composée de treize chercheurs, travaille au large d’Antsiranana et explorera la côte nord-est jusqu’à Vohémar, avant de longer la côte Est jusqu’au sud de la région Androy, en couvrant le plateau continental méridional de Madagascar », détaille le chercheur. Il précise que des chercheurs étrangers participent également à l’expédition.
Selon les responsables du programme, les données collectées contribueront à élaborer des politiques de gestion des pêches fondées sur des données scientifiques solides, à mieux comprendre les effets du changement climatique sur les écosystèmes marins, à suivre l’évolution de la pollution marine, notamment celle liée aux microplastiques, et à en évaluer les impacts sur la biodiversité. Elles permettront également de renforcer les capacités des chercheurs malgaches.
À bord, des étudiants en master et des doctorants de l’IHSM participent également aux travaux scientifiques. Les équipes se relaient selon un rythme de quatre heures de travail, de 14 h à 18 h, suivies de huit heures de repos, avant une nouvelle période d’activité de 2 h à 10 h. « Pendant les heures de pause, nous regardons la télévision, nous pouvons dormir ou faire du sport. Tout le monde a un peu le mal de mer, surtout les deux premiers jours, mais après, cela va mieux », raconte Aina Le Don Nomenisoa.
Le navire ne fait aucune escale. Il reste en mer pendant vingt-cinq jours avec une première équipe, avant qu’une seconde ne prenne le relais pour une mission de dix-sept jours. Depuis 1995, le programme Nansen accompagne les pays côtiers africains dans la collecte de données scientifiques de haute qualité sur les océans et les ressources halieutiques afin de promouvoir une gestion durable des écosystèmes marins.
Mirana Ihariliva
