Une consultation des personnes concernées par le projet d’autopont s’est tenue hier et aujourd’hui. Les discussions ont été marquées par l’inquiétude des personnes visées par les procédures d’expropriation, lors de la première journée.
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| Des habitants d’Anosizato sont venus nombreux à la consultation sur le projet fly-over. |
Près de deux semaines avant le coup d’envoi des travaux de construction du fly-over, l’inquiétude grandit chez les riverains d’Anosizato et les acteurs économiques installés sur cet axe. Hier, à Anosizato, la consultation des riverains touchés par le lot 1 du projet a été marquée par des questions sur les expulsions et les indemnisations. « J’habite à Anosizato, au lot 2, là où la route à quatre voies doit passer. J’ai vu que vous preniez deux mètres d’un côté et trois mètres de l’autre. Mais franchement, est-ce que cela va vraiment suffire pour faire tenir quatre voies ? On a peur que vous reveniez prendre plus de terrain plus tard et qu’on finisse par être touchés nous aussi », lance Fleurette Rasolonirina, habitante d’Anosizato.
D’autres ont fait part de leurs craintes concernant les indemnisations.
« Nous sommes concernés par le premier lot du projet. Il a toujours été convenu qu’aucune démolition ne se ferait sans indemnisation préalable. Dès 2021, nous avons entamé les démarches et constitué un dossier. Aujourd’hui, les travaux sont sur le point de commencer, mais aucun responsable n’est encore venu nous voir. Qui pouvons-nous aller voir aujourd’hui pour faire bouger les choses ? Et quelles pièces ou quels documents devrions-nous ajouter à notre dossier actuel ? », lance Nantenaina Rasolonjatovo, qui représente la coopérative de taxi-brousse Kofia, dont le stationnement se trouve juste à l’entrée du pont.
D’autres personnes se demandent comment elles pourront poursuivre leur activité une fois leurs locaux démolis. « La grande majorité des personnes installées sur les bas-côtés de la route sont des commerçants. À y bien réfléchir, tout cela risque d’être complètement détruit. Si l’on se base sur les enquêtes menées, il n’existe aucune solution concrète pour les personnes qui vont perdre leur emploi, à l’exception de recrutements temporaires pour les travaux de construction du projet. Quelles solutions proposez-vous face à cette perte d’emploi, sachant que la commune et ses habitants risquent de régresser ? », a interrogé Andritiana, un habitant d’Anosizato Andrefana.
Indemnisation
La Corporation for Africa & Overseas (CFAO), un concessionnaire automobile à Anosizato, s’est également interrogée sur l’emprise exacte du projet, sur le coût de l’indemnisation pour l’utilisation du terrain et sur l’existence d’une indemnisation prévue pour la perte d’exploitation, étant donné que les travaux risquent de bloquer le marché.
Plus de deux cents personnes sont concernées par le premier lot du projet.
« Les personnes touchées par le projet seront indemnisées avant le début des travaux. Aucune expulsion ne pourra avoir lieu tant que les indemnités n’auront pas été intégralement versées », a déclaré le secrétaire général du ministère des Travaux publics, Émile Joseph Sambisolo.
Le chantier commence directement par la réhabilitation du pont, ce qui signifie qu’aucune maison ne sera démolie dans l’immédiat. « Les indemnisations seront versées dès le mois de septembre. Les démarches administratives sont d’ailleurs déjà bien avancées, puisque près de 80 % des personnes concernées ont déjà fourni leurs documents », poursuit-il.
Les travaux sont divisés en deux lots distincts. Le premier lot démarrera au début du mois d’août, selon le ministère des Travaux publics. Il consiste à construire un pont à deux voies. Une fois construit, la circulation y sera déplacée afin de pouvoir aménager les deux voies suivantes, ce qui permettra d’obtenir, au total, un pont à quatre voies. « C’est seulement après cette étape que l’on installera les rampes et les bretelles d’accès pour en faire un véritable autopont. Une fois ce chantier achevé, les travaux s’attaqueront à l’extension de la RN1 jusqu’au croisement d’Antanimenakely, qui passera ainsi en 2x2 voies. Enfin, l’ensemble du projet englobera aussi la réhabilitation de la route de la digue, depuis Ankadimbahoaka jusqu’au rond-point Maki », explique ce responsable.
Miangaly Ralitera
