PORTRAIT - Prosh’Ely, un virtuose inoxydable de la guitare

Guitariste, compositeur, peintre et artisan, Prosh’Ely poursuit depuis plus de six décennies une carrière guidée par la passion et la préservation de l’identité musicale malgache.

Pro.Sh’Ely poursuit sa carrière  tout en transmettant l’héritage de la musique.

La musique malgache ne se résume pas à une succession de notes. Pour Noasy Prosper Elie, plus connu sous son nom d’artiste Prosh’Ely, elle est avant tout une histoire de transmission, d’émotion et d’identité. Après plus de soixante ans de carrière, l’artiste continue de défendre une vision fidèle aux racines culturelles du pays, tout en restant ouvert à l’innovation.

Originaire de Vangaindrano, dans la région Atsimo-Atsinanana, Prosh’Ely grandit dans une famille d’artistes. Son père jouait de plusieurs instruments et la maison était remplie d’instruments de musique. Très jeune, il découvre le piano, l’harmonie, le marovany et la valiha avant de se passionner pour la guitare électrique, popularisée dans les années 1960. Il monte sur scène dès son enfance aux côtés de son frère, participe aux spectacles organisés à l’occasion des festivités du 14 octobre et du 15 août, puis lance sa carrière en solo au début des années 1970.

Compositeur, guitariste soliste, arrangeur et accompagnateur, Prosh’Ely a participé à la création de nombreuses œuvres du répertoire malgache.

Collaborations

Considéré par de nombreux mélomanes comme le « roi du Kaiamba », il a également fondé le groupe Kaiamba, composé d’Oza Gérôme, Jean Kely Basth, Coco Tavaratra, Christin et Dada, tous artistes malgaches.

Il estime qu’environ 80 % des disques publiés à une certaine époque portent sa contribution musicale. Il a notamment collaboré avec Dedesse, Feon’Ala, Jean Freddy et bien d’autres. Parmi les titres auxquels il a contribué figurent Tsaiky-be Malakilaky, Ambila zaho, Raozy vao maraina et Mila rano. Son répertoire personnel compte aujourd’hui plus d’une centaine de chansons.

Aujourd’hui, il poursuit son parcours avec son groupe Prosh’Ely, réunissant Jackie Edmée (chant), Pascal (batterie), Haja (claviers), Frank (basse), Jojo Mananjary, Rose Monde, Julien Raminia et Charles Martin au chant, tandis que lui-même assure le chant et la guitare. Cette formation effectuera sa première tournée à Antananarivo au mois d’août, avant de poursuivre ses projets dans les régions.

Son style puise son inspiration dans les chansons anciennes, le théâtre traditionnel et les mélodies empreintes d’émotion. « J’aime les chansons qui racontent une histoire et qui touchent le cœur. C’est cette émotion que je cherche à transmettre dans mon jeu de guitare », confie-t-il. Pour lui, la mélodie naît toujours du ressenti et de la force du récit.

Au-delà de la musique, l’art occupe une place essentielle dans sa vie. Il réalise des peintures, des portraits, des paysages et des sculptures, dessine des pochettes d’albums, fabrique des instruments de musique et enseigne également cet art. « C’est un talent que Dieu m’a donné. Malgré les difficultés, je continue à créer », affirme-t-il.

Cassie Ramiandrasoa

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