À La Teinturerie, Jonny R’Afa dévoile, du 9 juillet au 4 août, une vingtaine d’œuvres, dont une dizaine d’inédites, qui traduisent son regard sur le patrimoine, les émotions et la mémoire collective malgaches.
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| Jonny R’Afa exprime les émotions, le patrimoine et la mémoire collective malgaches. |
QUARANTE ans de carrière, une même passion et une volonté intacte de transmettre. De retour à Madagascar, Jonny R’Afa, de son vrai nom Jonny Andriamanankoavy, présente à La Teinturerie une rétrospective réunissant une vingtaine d’oeuvres, dont une dizaine de nouvelles créations. À travers cette exposition, ouverte du 9 juillet au 4 août, l’artiste partage les émotions qui nourrissent son travail et invite le public à porter un regard sensible sur le patrimoine et l’identité malgaches.
Réalisées sur de grands formats, imprimées sur PVC afin d’être visibles même à distance, ses oeuvres sont exécutées au stylo à bille, aux feutres spécialisés ou à l’encre de Chine. Elles se distinguent par un minutieux travail de hachures et d’ombrages, qui constitue sa signature artistique.
Son inspiration naît avant tout de son vécu. « Je m’inspire de ce que je ressens au quotidien. Le patrimoine est toujours présent dans mes oeuvres, ainsi que les émotions, les peines et les réalités sociales. J’essaie d’apporter quelque chose à la mémoire collective », confie-t-il. À travers cette exposition, l’artiste met en valeur le patrimoine naturel, culturel et artistique de Madagascar, tout en livrant ses réflexions sur la société et les choix qui jalonnent l’existence.
Pour lui, l’art dépasse largement le divertissement. « Ce que je vends, c’est l’émotion et l’inspiration. Cela vient du coeur. Partager cette émotion avec le public, c’est ce qui rend mon travail passionnant », explique-t-il. Dans le prolongement de cette démarche de transmission, il animera également, chaque mardi, mercredi et jeudi, des ateliers ouverts à tous à La Teinturerie.
Exigeant
Ces rencontres offriront notamment aux enfants un espace d’éveil artistique et culturel, tout en permettant au grand public de découvrir différentes pratiques des arts plastiques.
Interrogé sur la possibilité de vivre de la peinture, Jonny Andriamanankoavy reconnaît que le parcours reste exigeant. Les acheteurs sont le plus souvent des étrangers capables d’apprécier les spécificités de son travail. « On peut en vivre à condition d’aimer chercher, de persévérer et de ne jamais baisser les bras », estime-t-il. C’est aussi dans cet esprit qu’il a choisi La Teinturerie, qu’il qualifie de « lieu de combat» pour les artistes.
Dessinateur professionnel depuis quatre décennies, Jonny Andriamanankoavy a présenté sa première exposition en 1987 au Carlton, en collaboration avec l’Alliance française. Formé par la suite à la sculpture, il a également enseigné au Cercle germano-malagasy. Après avoir longtemps travaillé la peinture en couleurs, il privilégie aujourd’hui le noir et le blanc. « Le noir et blanc possède une puissance particulière, affirme-t-il. Là où les couleurs offrent de multiples nuances, cette approche impose des choix définitifs. »
Artiste aux multiples facettes, Jonny R’Afa est également musicien. Récompensé dès l’école primaire par le président Tsiranana, il joue de la valiha, de la guitare, de la basse et du sodina. Compositeur, chanteur et auteur, il écrit aussi des poèmes, dont certains accompagnent cette exposition. Il dispose aujourd’hui d’un répertoire d’une centaine de chansons et prévoit la sortie d’un CD.
Cassie Ramiandrasoa
