ORDRE PUBLIC - Le contrôle des vitres fumées se durcit

Les autorités remettent en vigueur un contrôle strict des véhicules équipés de vitres fumées, en particulier ceux recouverts de films teintés.

Les autorités lors d’un contrôle de véhicule doté de vitres fumées.

Prévue par un avis ministériel de 2002, l’interdiction de circuler avec des vitres teintées ou opaques a connu, au fil des années, une application plus ou moins stricte. Pourtant, depuis l’annonce des mesures destinées à répondre aux inquiétudes suscitées par les récents cas d’enlèvements, les contrôles ont été intensifiés et les autorités affichent leur volonté de faire respecter plus rigoureusement cette réglementation.

Le texte prévoit que l’ensemble des véhicules est soumis à cette interdiction. Seuls certains véhicules officiels, notamment ceux utilisés par de hautes autorités de l’État ou par des représentants diplomatiques, bénéficient d’une dérogation.

Les véhicules dont les vitres sont teintées d’origine font toutefois l’objet d’un régime particulier. Seules les vitres arrière peuvent être concernées, sous réserve que les autorisations requises aient été délivrées lors de l’acquisition du véhicule.

Les véhicules non conformes peuvent être immobilisés, faire l’objet d’une fouille et exposer leurs propriétaires à des sanctions. « Cela va d’un simple avertissement, si la personne retire les pellicules dans le délai qui lui est accordé, à une amende, selon le type de véhicule », indique une autorité.

Avis partagés

Depuis le renforcement des contrôles, de nombreux automobilistes retirent les films teintés de leurs véhicules. Dans les rues d’Antananarivo, plusieurs propriétaires sont ainsi occupés à décoller les pellicules de leurs vitres. Cette évolution a entraîné une hausse de la demande de dépose, désormais proposée de manière informelle par de nombreux particuliers. Selon ces derniers, le retrait complet des pellicules coûte en moyenne 50 000 ariary par véhicule.

Les commerçants spécialisés dans les accessoires automobiles anticipent un ralentissement des ventes de films teintés destinés aux véhicules. L’un d’eux relativise toutefois cet impact, estimant que ces produits, également utilisés pour les vitrages des bâtiments, continueront de trouver des débouchés.

Chez les automobilistes, les réactions restent partagées. Certains doutent de la pérennité de cette campagne de contrôle. « Je ne pense pas que cela va durer longtemps. Si les autorités veulent fouiller le véhicule, c’est leur droit », affirme un conducteur qui faisait installer des vitres fumées malgré l’annonce.

Possenti Tracy

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