Deux ans après la mort de sa femme à Anjomakely, Bongatsara, un Français jugé par la Cour criminelle a été acquitté au bénéfice du doute.
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| Moins d’affluence devant les grandes portes du tribunal d’Anosy en fin de matinée, peu après la clôture du procès. |
Un Français sexagénaire, poursuivi pour le meurtre présumé de son épouse malgache, a été acquitté, hier, au bénéfice du doute par la Cour criminelle ordinaire, à l’issue d’une audience tenue dans la salle 4 du tribunal d’Anosy. Les faits remontent au 10 août 2024, à Anjomakely, dans la commune de Bongatsara, où la femme, âgée de 31 ans, avait été retrouvée morte à leur domicile.
Durant le procès, l’accusé, vêtu d’un pull noir et d’un jean, a nié toute implication. Il a expliqué qu’un cambriolage s’était produit ce soir-là et qu’il avait découvert son épouse, blessée et inerte, sur le canapé. Il a affirmé avoir ensuite alerté les voisins ainsi que le chef du fokontany. Selon ses déclarations, sa femme souffrait de problèmes de santé et il ignorait la cause exacte de son décès.
Trois témoins figuraient au dossier, dont le chef du fokontany et deux voisins, mais aucun d’entre eux n’était présent à l’audience. Tous avaient déclaré n’avoir jamais constaté de violences ni de conflits majeurs au sein du couple, marié civilement depuis 2013. Le rapport d’autopsie faisait état d’une blessure à la cuisse, sans toutefois préciser la cause du décès.
Preuves
Le ministère public, représenté par l’avocat général, a reconnu les incertitudes entourant les faits et s’en est remis à l’appréciation de la Cour. De son côté, la défense a souligné l’absence de preuves directes reliant l’accusé à la mort de son épouse. La Cour a finalement prononcé son acquittement.
À la sortie de l’audience, le Français, visiblement ému, a été enlacé par deux femmes venues le soutenir.
Le rapport initial de la gendarmerie d’Andoharanofotsy faisait toutefois état de sérieux soupçons : « Le soir du drame, les forces de l’ordre avaient trouvé l’homme en état d’ébriété, alors qu’il perturbait le voisinage. Il avait déclaré que sa femme était blessée, mais les gendarmes avaient découvert le corps sans vie de la jeune femme, qui présentait une plaie à la cuisse, susceptible d’avoir été causée par une arme blanche, et baignait dans son sang. »
Comme seuls les deux époux se trouvaient dans la maison, les soupçons se sont portés sur le mari. Placé en détention préventive à Tsiafahy, il a finalement été libéré après près de deux ans de procédure, faute de preuves suffisantes.
Gustave Mparany
