Le parc solaire de Manjarisoa, jamais opérationnel faute de batteries, est abandonné. Le site accueillera bientôt le marché aux poissons de Mahajanga.
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| Les marchands de poisson au pont Fitim seront déplacés. |
Le projet de parc solaire lancé sous l’ancien président Andry Rajoelina sur le site de l’ex-Filature de tissage (FITIM), à Manjarisoa, est finalement abandonné. Le terrain accueillera désormais un marché aux poissons. Les vendeurs installés au pont FITIM, ainsi que les autres poissonniers de la ville, y seront prochainement transférés.
Les milliers de panneaux solaires installés sur le site depuis un an sont en cours de démontage afin d’être réinstallés sur un autre site. À leur place, les commerçants de poissons prendront possession des lieux.
Le président de la délégation spéciale de Mahajanga a décidé de reconvertir cet espace afin d’y développer les activités liées à la filière halieutique. Une cérémonie rituelle a été organisée avec des dirigeants traditionnels et le prince de Boeny pour « purifier » l’endroit.
Mis en chantier en 2025, le projet prévoyait une centrale photovoltaïque de 3 mégawatts destinée à réduire les coupures d’électricité en journée à Mahajanga et à renforcer la stabilité du réseau de la Jirama.
Le projet n’a toutefois jamais été mis en service, dans l’attente de l’acheminement des batteries indispensables à son fonctionnement. Il prévoyait de coupler les panneaux solaires installés à Manjarisoa à une station de stockage par batteries de 2 MWh implantée à Amborovy.
Coupure
« Les coupures de courant provoquent des dégâts considérables pour les activités des habitants et entraînent d’importantes pertes économiques pour les opérateurs et les entreprises. Les pannes des machines ou des groupes électrogènes figurent parmi les principales conséquences de ces interruptions. La recherche de solutions pour mettre fin aux délestages chroniques n’a jamais abouti à Mahajanga. Aujourd’hui encore, nous subissons des coupures intempestives, alors que nous sommes en pleine saison touristique », déplore un opérateur économique.
Le projet de parc photovoltaïque devait également fonctionner en complément de la centrale thermique de Marolaka. L’énergie solaire produite devait être injectée dans le réseau de la Jirama afin de réduire la consommation de fuel de la centrale thermique et d’améliorer la capacité de production.
Le parc solaire devait fonctionner en journée, tandis que la centrale thermique de Marolaka aurait pris le relais durant la nuit. Mais le projet n’a finalement jamais été concrétisé.
À Mahajanga, les besoins en électricité sont estimés à 17 MW. L’approvisionnement en électricité, tout comme l’accès à l’eau potable et sa distribution dans les foyers, demeure un problème majeur pour les habitants de la ville.
Vero Andrianarisoa
