Le décor fait fureur. D’un bout à l’autre de la Terre, tout est chamboulé, tout est sens dessus dessous. Aucun continent n’est épargné. Hier, le Japon a été secoué par un puissant séisme. Il est évident que cette secousse tellurique a causé d’énormes dégâts et des pertes en vies humaines. Même si les tremblements de terre sont courants au Japon, il n’y a, pour le moment, aucun moyen de les empêcher. On a beau construire des maisons antisismiques, la panique et le traumatisme gagnent toujours la population.
Il y a juste un mois, un double séisme a frappé le Venezuela, faisant plus de cinq mille morts et ravageant la ville de San Felipe, à 200 km de Caracas.
Cette semaine, la France et l’Espagne font face à un incendie d’une violence indescriptible, détruisant respectivement plus de 120 000 ha et 42 000 ha. Les feux sont loin d’être maîtrisés malgré les grands moyens humains et matériels déployés. Pire, les incendies se trouvaient hier à 15 km de la ville de Bordeaux.
L’année dernière, la ville de Los Angeles a également été ravagée par un gigantesque incendie durant 24 jours, faisant douze morts, détruisant onze mille cinq cents bâtiments et brûlant 5 900 hectares. Les maisons de quelques stars comme Laeticia Hallyday, Mel Gibson, Paris Hilton, Patrick Bruel, Billy Crystal figuraient parmi celles qui ont été consumées.
Si les scientifiques trouvent l’origine de ces cataclysmes dans le réchauffement climatique, avec une forte chaleur dépassant les 40 degrés aussi bien à Los Angeles qu’en Gironde, d’autres y voient la réalisation des signes de la fin du monde tels que les prévisions bibliques les ont mentionnés.
C’est certainement pour cette raison qu’on a recours au pouvoir des mpiandry pour conjurer le mauvais sort et chasser les mauvais esprits. À défaut d’avoir les mêmes moyens qu’ailleurs pour lutter à armes égales contre les aléas naturels, la dévotion constitue un refuge pour apaiser l’âme et l’esprit, à l’instar de la méthode Coué.
On peut s’estimer heureux que notre croix se limite jusqu’ici aux gentils cyclones, excepté Gezani, dont la puissance a dépassé la capacité de nos organisations de secours et la résistance des vieilles constructions, notamment les bâtiments publics et les habitations faites de bric et de broc.
Cela dit, les incendies font aussi partie de notre tasse de thé chaque année. À la différence de ce qu’on croit sous d’autres cieux, ici, on conclut facilement à des actes criminels. Et on s’astreint à des sensibilisations infructueuses depuis des décennies et à des reboisements dont l’efficacité laisse à désirer.
En outre, il y a également les incendies de maisons, presque quotidiens, un peu partout dans le pays et face auxquels on est totalement impuissant, faute de sapeurs-pompiers ou faute d’accessibilité dans certains endroits. Avec les coupures d’eau, la tâche se complique.
Tôt ou tard, les conséquences du réchauffement climatique se feront sentir de manière prononcée. L’assèchement des sources dans l’océan Indien, des Comores à Maurice en passant par les Seychelles, Mayotte et Madagascar, constitue déjà une alerte sérieuse. Et, tel un paradoxe divin, les cyclones sont les bienvenus pour remettre à flot rivières et fleuves, quitte à subir les affres des inondations. À quelque chose, malheur est bon.
Sylvain Ranjalahy