Plus de 80 % des entreprises mettent en place des initiatives de responsabilité sociétale et environnementale. Cette démarche est devenue incontournable au fil des années.
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| Le salon RSE-IDD est le premier salon dédié à la RSE dans la Grande Île. |
De plus en plus d’entreprises se mettent à la RSE. Le coup d’envoi de la dixième édition du salon RSE-IDD a été donné hier au Novotel Alarobia. Sous les toits de la cinquantaine de stands installés sur le parking de l’établissement, des centaines d’entreprises s’activent pour promouvoir leurs modèles de responsabilité sociétale et environnementale (RSE). Cette pratique a gagné du terrain depuis une dizaine d’années et les initiatives vertes se multiplient.
« Il y a dix ans, quand on parlait de RSE à Madagascar, cela se limitait vaguement aux actions sociales, aux distributions de biens auprès des communautés locales ainsi qu’à des reboisements occasionnels, sans réel impact. Mais les entreprises sont désormais conscientes de la nécessité d’adopter cette démarche et l’ont intégrée à leurs stratégies de développement », explique Ulrichia Rabefitiavana, directrice du cabinet Innoveo, à l’origine de ce salon depuis dix ans.
Selon des sondages effectués par le cabinet, plus de 90 % des entreprises ayant participé au salon sont désormais convaincues de l’intérêt de prendre en compte les enjeux sociaux et environnementaux. Certaines en ont même fait leur cœur de métier. Leur vision est de faire en sorte que ce modèle fonctionne et de le démontrer. « Quand il s’agit d’entreprises, on pense tout de suite aux profits et aux recettes. Alors que, pour une société axée sur l’impact environnemental et communautaire, cela peut ne pas être évident au départ ; c’est surtout cela qui fait la différence », confie une petite et moyenne entreprise opérant dans l’agribusiness.
Soutien
Elle a fait de la RSE son fer de lance, bien que cela n’ait pas été évident durant sa première année. « Ce n’est qu’à partir de la deuxième, voire de la troisième année, que j’ai pu avoir un revenu stable», confie la responsable de cette PME.
Néanmoins, ces initiatives trouvent un soutien auprès des investisseurs privés et de l’État, qui a décidé de faire de la RSE une démarche incontournable en matière d’investissement.
Et pour cause : pour une entreprise censée faire du profit, la RSE constitue avant tout un investissement. L’État veut soutenir ces initiatives, voire les encourager. « L’engagement des entreprises à pratiquer la RSE montre qu’il y a des opportunités et des emplois qui se créent. Cela démontre aussi que les entreprises contribuent au développement social, à la préservation de l’environnement et à la création de valeur », a affirmé hier Ny Riana Nampoina Raharimanjato, ministre de l’Industrialisation et du Développement du secteur privé.
Le cadre juridique lié aux investissements a même été revu pour permettre aux entreprises de mettre en œuvre leur démarche RSE. En 2023, la Grande Île a révisé sa loi régissant les investissements. Cette nouvelle loi accorde une importance significative à la RSE. Les autorités ont également mis en place une stratégie nationale de la RSE. « L’objectif est de faire de cette pratique un outil de compétitivité pour la Grande Île, à travers la contribution des entreprises à la préservation des ressources naturelles et à la création de valeur pour les communautés et le pays », explique le document stratégique que la Grande Île compte mettre en œuvre jusqu’en 2030.
L’État compte s’appuyer sur le secteur privé pour atteindre cet objectif. Le pays a également promulgué le décret RSE n° 2024-1354. Il fixe les standards à respecter pour les entreprises qui choisissent d’intégrer la RSE. Il définit aussi les règles du jeu (gestion des déchets, relations de bon voisinage, inclusion) et prévoit des contreparties ainsi que des avantages fiscaux pour récompenser les structures engagées.
Itamara Otton
