ILANIVATO - La foule s’en prend à deux présumés ravisseurs d’enfants

Les disparitions et les tentatives d’enlèvement d’enfants plongent la capitale dans la peur et la colère, comme l’a illustré la journée de samedi à Ilanivato.

Samedi à Ilanivato, la police s’efforce de maîtriser la foule en colère contre une présumée voleuse d’enfants.

Le poste de police d’Ilanivato, dans le quatrième arrondissement, a connu une journée agitée samedi. À deux reprises, à midi puis en début de soirée, une foule bruyante et hostile s’est massée devant le commissariat. Ces tensions sont nées de deux tentatives distinctes d’enlèvement d’enfant.

À la mi-journée, une femme d’une vingtaine d’années, identifiée comme travailleuse du sexe et résidant à Isotry IVO, a été interpellée par le fokonolona à Tranodimy, quartier voisin d’Ilanivato. La police la connaît déjà pour des vols de boucles d’oreilles sur des enfants.

Hasina Rasamiarisoa raconte : « Mon fils, depuis la terrasse, a vu ses deux sœurs au portail avec cette jeune femme. Il pensait qu’elle était peut-être une amie. Je suis sortie et j’ai croisé mes filles avec elle. Elles ont 5 et 11 ans. Sur le moment, elles n’ont rien dit, mais leurs yeux étaient grands ouverts et elles étaient terrifiées. Elles pleuraient lorsque la femme les emmenait. Elles ont fini par avouer qu’elle les avait forcées à la suivre. »

La suspecte avait donné 200 ariary à l’aînée. « Elle l’a envoyée acheter du tamarin et gardait la cadette. Avant même que je ne l’interroge, elle s’est défendue en disant qu’elle n’était pas une voleuse d’enfant. Puis elle a pris la fuite. Les riverains l’ont rattrapée et conduite au poste. Nous sommes venus porter plainte et nous assurer qu’elle sera incarcérée », poursuit la mère. Sa sœur, Ony Elisette Mahefarisoa, appelle les parents à la vigilance face à ce qu’elle considère comme des faits avérés.

Passé à tabac

Devant le commissariat, la rue s’est rapidement remplie d’une foule réclamant la mort de la suspecte. Le chef du fokontany, Claude Alphonse, et les policiers ont tenté de calmer les esprits. Mais lorsque la voiture banalisée a exfiltré la femme, accompagnée des enfants, de leur mère et de leur tante, vers le commissariat central de Tsaralalàna, des pierres ont été lancées. La situation a finalement été maîtrisée, avant qu’un autre incident, plus violent encore, n’éclate dans la soirée.

Cette fois, c’est la nièce de Herisoa Jean Razafindratinaniaina, âgée de 6 ans et domiciliée à Ampefiloha Ambodirano, qui a failli être enlevée par un homme corpulent, connu comme malfaiteur à Anosizato. « La petite vit avec ma femme et moi. Elle était malade, je lui ai dit de rester à la maison. J’avais fermé la porte à clé, mais l’individu, armé d’un couteau, l’a brisée. Il n’a rien volé. Il portait ma nièce dans ses bras lorsqu’un commerçant l’a remarqué. L’enfant pleurait. Alerté, je suis arrivé alors que le fokonolona le poursuivait. Il a fini par abandonner la fillette », décrit Herisoa Jean.

Le suspect a tenté de se réfugier au poste de police d’Ilanivato, mais la foule l’a passé à tabac avant qu’il n’atteigne la porte. Il était alors agonisant. Débordée, la police n’a pas pu empêcher les habitants d’arracher le portail métallique du commissariat.

Un taxi-be réquisitionné par les forces de l’ordre a transporté le blessé à l’hôpital, sous escorte policière. Le chef du fokontany explique que la colère des habitants est alimentée par le récent enlèvement, suivi du meurtre, de la petite Sahala Fanekena, qui demeurait également à Ampefiloha Ambodirano.

Haja Léo

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