La filière de la fève brune malgache commence à générer des retombées concrètes pour le pays. Malgré le contexte tendu sur le marché international du cacao, le pays a réussi à exporter près de 14 000 tonnes en 2025.
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| La filière cacao génère plus de 430 milliards d’ariary par an, selon le CNC. |
Les revenus en devises générés par le cacao malgache sont désormais évalués à 100 millions de dollars, selon le Conseil national pour le cacao (CNC). Malgré la crise qui frappe le secteur, la Grande Île continue de défendre cette filière, vitale pour des milliers de paysans. À Bruxelles, capitale des normes et du pouvoir de marché, des négociations tendues sur l’avenir de la filière de la fève brune ont eu lieu. La Grande Île y a porté des plaidoyers stratégiques, chiffres à l’appui.
Les exportations de cacao de la Grande Île en 2025 sont évaluées à près de 14 000 tonnes, soit une hausse de plus de 100 % par rapport à la situation d’il y a dix ans. À cette époque, la Grande Île exportait environ 7 000 tonnes de cacao. « La production nationale de cacao a fortement augmenté ces dernières années, avec le développement de sa culture dans les zones rurales », affirme Grégory Rabeson, directeur exécutif du CNC. Les négociations à Bruxelles, fin juin, ont été âpres. À la table des négociations, la Grande Île, qui ne représente que 0,3 % du marché mondial du cacao, a néanmoins tenu à faire entendre sa voix sur un marché qui pèse 5 000 000 de tonnes par an.
Qualité exceptionnelle
« Pour Madagascar, cette prise de parole est une fierté nationale. Notre pays ne figure pas parmi les plus grands producteurs en volume, mais il possède un atout unique : un cacao fin et aromatique reconnu pour sa qualité exceptionnelle. Cette différence donne à Madagascar une légitimité particulière lorsqu’il s’agit de défendre une meilleure valorisation du cacao et des revenus plus équitables pour les familles productrices », indique Grégory Rabeson. Il ajoute : « En participant activement à ces discussions, Madagascar défend non seulement son cacao, mais aussi la place des producteurs dans l’économie mondiale du chocolat. »
Selon les données partagées par le Conseil national du cacao, les prix d’achat de la fève brune auprès des producteurs ont fortement augmenté en dix ans. Ils sont passés de 1 500 ariary le kilo en 2016 à plus de 40 000 ariary le kilo actuellement dans les régions productrices. Les revenus générés directement dans les zones rurales ont fortement progressé depuis la structuration de la filière. Désormais, ces régions productrices perçoivent entre 420 et 450 milliards d’ariary par an, selon les estimations du CNC.
La Grande Île, à travers le Conseil national du cacao, a en effet plaidé pour une rémunération juste des producteurs. Cette approche remonte à la base même de la chaîne d’approvisionnement du cacao malgache. Une filière sensible, malmenée à l’international par la crise des prix. Entre la flambée historique des cours, les effets croissants du changement climatique, la pression réglementaire et la persistance de la pauvreté des producteurs, le secteur fait face à des défis structurels majeurs, selon le Baromètre du cacao 2025. Le rapport souligne néanmoins l’émergence de nouvelles dynamiques de coopération, de gouvernance et de durabilité susceptibles d’accompagner une transformation plus résiliente de la chaîne de valeur du cacao.
Itamara Otton
