EMPLOI - Le patronat discute des rappels de salaire

Les augmentations de salaire entrent en application ce mois de juillet dans le secteur privé. Les employeurs envisagent d’échelonner le versement des rappels de salaire.

Des travailleurs, pendant la célébration de la fête du Travail.

Un paiement fractionné des rappels de salaire. C’est le scénario qui se dessine actuellement pour les salariés du secteur privé. Des employeurs envisagent d’étaler le versement des rappels liés aux augmentations de salaire applicables depuis le mois de mars. « La charge est trop lourde pour certaines entreprises », a confié une source patronale, hier.

Le décret d’application relatif au salaire minimum d’embauche (SME) impose en effet des rappels rétroactifs remontant au mois de mars 2026. À compter de cette date, le SME est fixé à 300 000 ariary pour le secteur non agricole, contre 262 680 ariary auparavant, et à 304 300 ariary pour le secteur agricole, contre 266 500 ariary. « La stratégie de mise en œuvre de ce paiement échelonné dépendra de chaque entreprise », précise cette même source. Elle souligne que les entreprises membres de ce groupement patronal devront impérativement se conformer à la réglementation et appliquer la hausse du salaire minimum dès ce mois de juillet pour les salariés encore rémunérés en dessous du seuil légal. Elle ajoute que la moitié des membres du groupement versent déjà des rémunérations supérieures au SME.

Revalorisé

Cette perspective convient « plus ou moins» à certains syndicats de travailleurs. « Un paiement global, effectué en une ou deux échéances, annulerait en partie l’effet de la hausse salariale en raison du bond mécanique de l’impôt sur les revenus », indique Julio Rakotomaharavo, de la Confédération des syndicats des travailleurs malagasy révolutionnaires (Fisemare). Pour ce syndicat, la formule idéale consisterait à étaler le paiement à raison de deux mois de rappel par mois.

Le SME sera revalorisé à deux reprises cette année. Le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Fonction publique a annoncé une seconde hausse au mois d’octobre. Il sera alors porté à 315 000 ariary.

Du côté des travailleurs, les responsables syndicaux expriment leur déception quant au niveau de cette revalorisation. « Compte tenu de la cherté de la vie, cette hausse est déconnectée de la réalité économique actuelle. Nous avions réclamé au moins 360 000 ariary, mais notre demande n’a pas été retenue. Les autorités nous ont toutefois donné rendez-vous l’année prochaine pour la prochaine révision salariale. On verra», déplore un représent ant syndical.

Miangaly Ralitera

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