| Un mur surmonté d'énormes pieux pour protéger le Rova remplace les palissades en bois du XIXe siècle en Imerina. |
Depuis Andrianjaka jusqu’en 1869-1888, époque où l’on y ajoute un temple, le Rova d’Antananarivo possède les structures de tous les Rova antérieurs. Vincent Belrose Huyghes cite, en guise d’exemple, le R.P. Callet dans son « Tantara ny Andriana eto Madagascar » : « À Ambohimanga, il y a trois enceintes : Mahandrihono, Nanjakana et Bevato. Elles sont séparées les unes des autres... Elles sont disposées en gradins (…) Les Tranomasina étaient au nombre de douze formant une rangée. »
Trois fonctions essentielles sont définies par les « Tantara », reprend l’auteur du « « Rova de Tananarive, d’Andrianjaka à Radama Ier : un exemple de syncrétisme esthétique au XIXe siècle » (lire précédente Note). « Mahandrihono, habité par Andrianampoinimerina, et les ‘Tranomasina’ se trouvent dans la même enceinte ; Nanjakana appartenait à ses enfants et est cédé à Radama ; Bevato est la résidence des douze femmes d’Andrianampoinimerina. » L’auteur de la présentation du Rova reprend les « Tantara » en affirmant que l’enceinte la plus importante est Mahandrihono qui rassemble la demeure du grand roi, les tombeaux royaux, le « Kianja » et un parc à bœufs sacrés (« Fahi-masina »).
Les informateurs du père Callet connaissent la similitude entre les deux Rova, mais les Européens n’ont accès qu’à Antananarivo et la plupart décrivent surtout le Rova d’Analamanga. En 1828, le missionnaire Bennet écrit : « Il y a plusieurs cours, chacune renfermant un ou plusieurs palais séparés l’un de l’autre par de hautes barrières en bois. » David Jones remarque lui aussi la présence de plusieurs enceintes qu’il appelle enclos. Leminier précise : « Le palais du roi Radama domine les autres édifices et se compose d’une grande quantité de cases pour lui, ses femmes, les gens de sa suite, ses arsenaux, etc. »
Et Coppalle confirme : « Le Palais ou Rouvy occupe le mamelon le plus élevé de la montagne. C’est un enclos assez vaste formé de trois enceintes particulières. La première et la plus remarquable est celle où demeure le roi. La seconde sert de logement aux femmes du roi et à quelques étrangers (…) L’enceinte qui sert de demeure aux reines est la plus vaste. C’est une petite ville qui contient, outre la maison des princesses, une douzaine de petites cabanes, appelées par les naturels ‘Tranomasina’. » Belrose Huygues apporte cependant une petite correction : En réalité, il n’y a que deux Rova et ce que Coppalle considère comme une troisième enceinte- un sérail- n’est qu’une dépendance de Tranovola.
Le Rova sud, celui d’Andrianampoinimerina, n’a pas été modifié, il recoupe assez exactement, quant aux principes, celui d’Ambohimanga. Se basant sur l’affirmation de Coppalle, l’historien retrace l’évolution qui se fait dans le Rova par rapport à celui d’Andrianjaka. Le Rova d’Andrianam-poinimerina, comme à Ambohimanga, est composé de plusieurs enceintes. La première comporte les tombes de ses prédécesseurs depuis Andrianjaka (sept tombes) et les cases où seul le souverain peut résider.
« Manjakamiadana nommé aussi Felatanambola se trouve à l’extrémité nord » (quelque part à l’emplacement de l’actuel Palais de la Reine, suggère Belrose Huygues) ; « Manatsara en haut et à l’est du tombeau royal… Les femmes du souverain et ses enfants n’y habitent pas… Soaniadanana au sud de Manjakamiadana est une habitation d’Andrianam-poinimerina… qui s’y trouvait continuellement… »
Cette première enceinte correspond tout à fait à Mahandrihono d’Ambohimanga. Dans la seconde enceinte, la différence tient au nombre important de demeures à Antananarivo. Attribuée aux femmes, elle correspond néanmoins par sa fonction, au Bevato d’Ambohimanga. À noter qu’il n’y a pas de troisième enceinte à Antananarivo.
Il est à préciser que les femmes sont exclues de l’enceinte du roi : elles peuvent y aller, mais n’y couchent pas. Les Mainty et les Andevo également. Les demeures des femmes du grand roi sont nombreuses, plus de douze, dont Besakana et Masoandrotsiroa. « Besakana n’était aucunement la demeure d’Andrianampoinimerina qui y place Ralesoka et Rabodonandrianampoinimerina, future Ranavalona Ire. Le palais se trouve d’ailleurs à la limite sud du quartier des reines. »
Pela Ravalitera